Bon ben c'est la cata...
J'avais déjà tiqué sur le coté téléfilm de l'adaptation de Solomon Kane de la même M.J. Bassett. Même si j'imagine qu'elle n'avait pas dû avoir un budget de fous, elle était cependant quand même parvenue à rendre le coté sombre et désespéré du puritain - et James Purefoy était un Solomon habité et crédible.
Surtout, Basset avait respecté le lore et le postulat de Howard concernant l'époque élisabéthaine .
Alors qu'est-ce qui lui a pris ici de revisiter complètement l'histoire de Sonja ?
Certes, elle n'est pas un personnage de Howard - ce sont Roy Thomas et Barry Smith chez Marvel qui ont donné corps (même si le biquini en métal viendra un peu plus tard :-)) à la diablesse Hyrkannienne - mais elle évolue dans le monde de Conan et c'est même quelque part son équivalent féminin : sauvage et sanguinaire, c'est une guerrière hors-paire, grande et musclée, qui n'a peur de rien ni personne !
Et dans cette adaptation, qu'avons-nous : une superbe gamine, genre de sauvageonne sexy, qui vit dans un monde Hyborien totalement revisité et transformé en une espèce de pseudo Terre du milieu avec cyclopes, hommes-babouins et magie. S'il y a de la magie et des monstres chez Howard et son Conan, ça reste cependant rare et toujours très dangereux. Ici, on comprend que c'est répandu et normal.
Mais OK, pourquoi ne pas revisiter le matériau d'origine si c'est pour le faire bien.
Et c'est là où le bas blesse car recréer un monde de rien, où presque, puis le rendre crédible en moins de deux heures, c'est compliqué. Et dans le cas présent, mal fichu.
Comme ça reste un film d'héroïc-fantasy, le tout pourrait être sauvé par des bagarres épiques et brutales mais les affrontements sont filmés avec les pieds et aucune véritable tension n'en ressort.
Restent des décors et des costumes passables et des comédiens qui tentent de faire ce qu'ils peuvent. Clairement, on ne peut pas en vouloir à Mathilda Lutz qui se démène comme la véritable Sonja pour faire exister son personnage mais l'ensemble est vraiment trop couillon, le scénario tarte et les dialogues risibles pour que la sauce prenne.
Au final, on s'emmerde grave...
Après la pantalonade Kalidor avec Schwarzy dans les années 80, c'est donc le second raté pour Sonya la Rouge.
Est-ce vraiment à souhaiter mais qui sait, jamais deux sans trois ?