C'est un film qui raconte un peu l'histoire des communistes américains et de la révolution de 1917, et beaucoup la relation personnelle entre John Reed et Louise Bryant.
La mise en scène, le traitement de l'histoire et les dialogues entre personnages sont incroyablement convenus pour un sujet aussi inhabituel dans un film américain : la révolution russe de 1917. La politique est certes présente (comment aurait-il été possible de l'éviter ?), mais uniquement comme toile de fond, souvent ennuyeuse, ce qui est montré par des argumentaires débités à toute allure, comme s'il ne fallait pas embarrasser le brave spectateur qui-ne-fait-pas-de-politique avec des idées politiques. Mais la politique passe toujours pour être une nuisance au bon développement de l'individu (amour, mariage, carrière...). Et heureusement que les deux minutes d'"Internationale" qui accompagnent la révolution sont compensées par un chant patriotique américain dans les minutes qui suivent. Sinon, le spectateur moyen aurait légitimement pu croire que ce film était l'œuvre de Rouges infiltrés à Hollywood.
L'ennui qui peut gagner le spectateur au cours des 3 h du film peut faire croire que celui-ci serait trop long. En réalité, c'est plutôt sa platitude qui est ennuyeuse (mise en scène, dialogues, jeu d'acteur sans aucune originalité). À tel point que certaines scènes sont drôles tant elles sont convenues, comme la scène du train de retour de Bakou.
Cela dit, l'histoire de nos deux amoureux, dans les 30 dernières minutes, est touchante.