Je suis franchement très surpris par cette série B qui n'a d'ailleurs pas à rougir devant une série A, réalisée par les frères McManus qui nous emportent dans leur univers aussi étrange que dramatique. Et, sur le papier, cette idée avait quand l'air assez bancale, d'autant plus que c'est une exclusivité Shadowz en France et les films distribués par la plateforme étant très inégaux, je ne savais vraiment pas à quoi m'attendre.
Nous suivons ici les péripéties d'Irène qui saute d'un univers à l'autre pour tuer l'assassin de sa fille encore et encore, tout en espérant tomber sur un univers dans lequel cette dernière serait encore vivante. Mais cette routine qui dure depuis quelques années va changer au moment où elle tombe sur une autre victime, Mia.
Bref, alléchant donc mais sans le petit grain de sable qui vient déranger la machine (que représente Mia donc), on aurait pu rapidement tomber dans la répétition, dans un espèce de trip gore avec une héroïne en soif de vengeance mais c'est heureusement plus profond que ça ! Eh oui puisque nous sommes dans un espèce de "Thelma & Louise" science-fictionnel dans lequel deux femmes effectuent en réalité un parcours initiatique.
La première, Irène, parcourant les univers en quête de vengeance mais surtout de paix intérieure, paix qu'elle ne peut trouver en continuant de commettre meurtre après meurtre. Ce n'est qu'un pansement qui ne lui fera pas oublier ce qu'elle a perdue : sa fille. Même si sa vengeance et l'espoir de revoir un jour sa fille la maintiennent en vie, cette quête violente lui fait perdre petit à petit son humanité. Mais en même temps, ça lui donne un côté sacrément bad-ass style Linda Hamilton qui rend très bien à l'écran.
Et puis, en face, on a Mia, qui est également en quête de vengeance mais c'est davantage ici une colère contre la société en général qui se focalise sur une personne en particulier, son bourreau. Ce qui amène d'ailleurs les deux femmes à œuvrer ensemble puisqu'elles ont alors un ennemi commun. Mais elle aussi va apprendre car même si elle se croit coriace, le meurtre n'est pas à la portée de tout le monde.
On a donc une base solide rien qu'avec les personnages mais l'univers est également très bon. Ce côté science-fiction qui apporte juste ce qu'il faut de "fantastique" sans pour autant empiéter sur le sujet principal ; c'est tout simplement une autre manière de traiter un genre qui se rapprocherait du rape and revenge et du road movie. L'ambiance joue également beaucoup, notamment la B.O. rappelant des séries B des années 80 sans, là non plus, appuyer lourdement sur la nostalgie.
Bref, je ne peux que vous conseiller "Redux Redux" qui est la petite pépite pour l'instant méconnue de ce début d'année.