Dans le paysage saturé des comédies romantiques, "Relationship Goals" arrive avec une proposition alléchante : un duel professionnel et amoureux entre deux ex, portés par le charme indéniable de Kelly Rowland et Method Man. Sur le papier, la promesse d'une romance moderne sur fond d'ambition new-yorkaise est là. Pourtant, le film se révèle être moins une œuvre cinématographique qu'un long spot publicitaire pour le livre de développement personnel dont il s'inspire, écrit par le pasteur Michael Todd.
L'histoire suit Leah (Kelly Rowland), une productrice de télévision talentueuse sur le point de décrocher le poste de ses rêves. C'était sans compter sur le retour de son ex, Jarrett (Method Man), qui non seulement convoite la même promotion, mais se présente comme un homme transformé par les préceptes du livre "Relationship Goals". La direction, dans une logique scénaristique défiant toute rationalité, les force à collaborer sur un segment promotionnel... pour ce même livre. Le conflit est posé, mais sa résolution est visible dès les premières minutes, et le chemin pour y parvenir est d'un ennui mortel.
Le problème fondamental du film n'est pas sa prévisibilité, un péché mignon du genre, mais son refus de laisser vivre ses personnages en dehors des leçons qu'il cherche à nous asséner. Chaque dialogue, chaque situation semble n'exister que pour illustrer un chapitre du livre. (On assiste à des scènes où les personnages secondaires, comme les amies de Leah, découvrent le livre et voient leurs problèmes se résoudre comme par magie, transformant la narration en une série de témoignages forcés). Cette approche didactique étouffe toute tentative de créer une véritable tension dramatique ou un humour sincère. Le film nous explique l'amour et l'ambition au lieu de nous les faire ressentir.
(Le summum de la paresse narrative est atteint lors d'un voyage en voiture forcé entre les deux protagonistes, un classique du genre pour créer de l'intimité. La situation est expédiée en une seule scène sans saveur, abandonnant tout son potentiel comique et romantique). C'est d'autant plus frustrant que l'alchimie entre Rowland et Smith est palpable. On les sent capables de bien plus, mais ils sont contraints de naviguer dans un scénario qui préfère les citations inspirantes aux véritables interactions humaines. Même la conclusion, qui se veut un grand moment romantique, (implique une fausse alerte à la bombe pour permettre une course clichée à l'aéroport), est si absurde qu'elle en devient involontairement comique.
Au final, "Relationship Goals" est une coquille vide. C'est un produit bien emballé, visuellement propre mais sans âme, qui ressemble plus à un téléfilm de l'après-midi qu'à une sortie cinéma mémorable. Le film rate sa cible en oubliant l'essence même d'une comédie romantique : nous faire croire à l'histoire d'amour, et non nous vendre le manuel pour la construire.