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le 28 août 2016
En 1997, la mode était clairement aux films de monstres. Entre Mimic qui lance la carrière américaine de Guillermo Del Toro, Le Monde perdu et Men in Black (avec son Edgar le cafard) qui explosent le box-office estival, Alien Resurrection qui voit le retour du plus célèbre des monstres du cinéma, et la sortie dès janvier 1998 du réjouissant Starship Troopers de Paul Verhoeven, les amateurs de créatures flippantes avaient de quoi se réjouir. D’autant que la conception des-dits monstres bénéficiait encore généralement d’adroites combinaison d’effets de plateaux pour les plans serrés et de numériques pour les plans plus larges.
C’est au tout début de cette année 1997 que sortit le plus méconnu d’entre tous ces films, Relic. Confié au cinéaste Peter Hyams, qui venait de mettre en boite deux grosses productions avec Van Damme (Timecop, Mort subite), et qui avait démontré tout au long de sa longue carrière qu’il était tout autant capable du meilleur (Outland, 2010) comme du pire (Un coup de tonnerre), Relic est l’adaptation très libre du roman éponyme du duo d’auteurs Douglas Preston et Lincoln Child, premier opus d’une saga littéraire dédiée à la sagacité d’un Sherlock Holmes moderne, l’agent du FBI Aloysius Pendergast. Un personnage qui ne sera contre toute attente pas intégré au scénario du film, à la différence de son compère, le lieutenant de police Vincent D’Agosta.
Parti en expédition au fin fond de l’Amazonie, un anthropologue envoie deux caisses au museum d’histoires naturelles de Chicago. L’une renferme une statue séculaire mystérieuse, l’autre plusieurs feuilles d’une plante inconnue. Le problème est qu’à l’arrivée, tous les occupants du bateau transportant ces caisses ont été massacrés. Alors que le lieutenant D’Agosta et son équipier enquêtent sur la mort de l’équipage, les feuilles parviennent au museum où elles sont étudiées par la biologiste Margo Green. Celle-ci découvre alors d’étranges propriétés mutagènes sur des oeufs qui recouvrent ces feuilles. Alors qu’elle partage sa découverte avec son mentor, un assassinat particulièrement sanglant est commis un soir dans le musée. L’inspecteur D’Agosta approche alors Margo Green qui lui fait part de sa théorie : une créature inconnue aurait muté tout au long du voyage du paquebot jusqu’à venir se réfugier dans les tréfonds du museum. Lequel s’apprête à accueillir la nuit suivante une exposition conviant le gratin de Chicago.
Bénéficiant d’une belle aura de mystère dans ses premières minutes et d’une caractérisation solide, Relic est certes loin d’être un chef d’oeuvre du genre mais il se laisse facilement (re)découvrir. Si la première heure croûle sous une exposition un peu lourde relevée par la présence de Penelope Ann Miller en biologiste dévouée à son travail et de Tom Sizemore en flic aussi opiniâtre qu’amusant dans ses tocs superstitieux, la seconde heure, voyant l’entrée en scène du monstre, s’empare des codes du film catastrophe (un groupe de survivants essayant d’échapper à l’endroit dans lequel ils se retrouvent piégés) pour les injecter dans un pur survival horrifique et labyrinthique. Les mises à mort sont souvent gores (beaucoup de décapitations), l’humour parfois grotesque (la scène de l’asthmatique dans les toilettes), la créature semble parfois avoir le don d’ubiquité, et les clichés ont la vie dure (le sempiternel connard de service puni comme il se doit, le SWAT servant de casse-dale au monstre...).
Mais en solide artisan qui n’a jamais prétendu pêter plus haut que son cul, Peter Hyams livre un film d’horreur plutôt efficace dont une des principales qualités est d’annoncer longuement l’entrée en scène d’un monstre qui, grâce à une savante combinaison d’animatroniques (la bestiole a été conçue par Stan Winston) et d’effets numériques un rien périmés (dans son dernier acte), arrive à faire parfois froid dans le dos, notamment dans sa façon de tuer et de se nourrir de ses victimes (ça a si bon goût l’hypothalamus humain ?).
Le climax, sous forme d’énième face à face post-Alien, ne dévie pas d’un poil de ce qu’on peut en attendre mais a le mérite d’être assez spectaculaire (la bestiole défonçant les portes dans sa course, le brasier final). On regrettera juste que les effets numériques aient si mal vieilli.
Tout juste remarqué lors de sa sortie en salles, mais ayant fait le bonheur des vidéoclubs avant leur disparition, Relic est aujourd’hui quelque peu tombé dans les limbes du cinéma de genre des 90’s, se trainant une réputation d’énième Alien-like. Un peu dommage car, sans parler de son atmosphère angoissante, de la qualité de sa réalisation et de sa photographie, le film de Hyams, en plus d’être le dernier bon film du cinéaste, reste aussi un des derniers bons films de monstre du siècle dernier.
D’ailleurs, il aurait été bienvenu qu’ils adaptent à l’écran sa suite littéraire directe, Le Grenier des enfers, dans lequel la bactérie mutagène se répand parmi la population de marginaux peuplant les sous-sols de New York. Les héritiers de ce vilain Kothoga en somme.
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le 12 juin 2025
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