Le projet a le mérite d'intriguer. Titré "Rembrandt", on peut s'attendre à un biopic sur le célèbre peintre... avant de découvrir une affiche avec des aéroréfrigérants ! Il sera en fait question d'énergie nucléaire (!), et plus précisément d'une ingénieure expérimentée qui subit une sorte de syndrome de Stendhal en découvrant des tableaux de Rembrandt à la National Gallery. Elle va devenir de plus en plus sceptique envers le nucléaire.
Une approche qui n'a en tout cas pas convaincu grand monde, puisque "Rembrandt" s'est fendu d'un majestueux échec public. A peine moins de 15 000 entrées ! Malgré les têtes d'affiche, et le pédigrée de Pierre Schoeller (15 ans plus tôt, "l'Exercice de l'Etat" assurait 500 000 entrées). Ceci pour un budget de plus de 8 millions d'euros, ça a du faire mal...
Remarque, ce n'est peut-être pas plus mal, vu le tissu d'inepties que propose le film. Une ingénieur nucléaire qui retourne sa veste, cela aurait pu être intéressant. Mais déjà, il y a de gros problèmes d'écritures.
Passée l'introduction mystérieuse à Londres, le film ne raconte pas grand chose. Camille Cottin et Romain Duris donnent le change... mais on ne sait pas (et on ne saura pas vraiment) où vont leur personnage. Lui subit tout et n'agit sur rien. Elle pète les plombs pour... ne pas faire grande chose non plus. Ce qui aboutit aux 20 dernières minutes qui partent en sucette pour rien.
Quant au propos sur l'énergie nucléaire, j'ignore si Pierre Schoeller fait preuve d'une méconnaissance ou malhonnêteté profonde. On a quelques dialogues techniques qui tiennent la route, ce qui démontre qu'une certaine recherche a été faite... et puis on embraye sur des discussions et situations complètement lunaires.
Non, le nucléaire n'est pas géré par quelques ingénieurs dans une salle. Non, ce n'est pas une poignée de gugus spécialisés dans la physique nucléaire et ignorant tout des agressions climatiques. Derrière le vrai sujet de l'évolution climatique et des risques pour les centrales, étudiés depuis maintenant des décennies, il y a des milliers d'ingénieurs et de nombreux organismes, dont des autorités sévères qui marquent à la culotte les concepteurs et les exploitants. La séquence de la conférence est à ce niveau d'une fumisterie sans nom.
Je ne listerai pas toutes les bêtises entendues, mais je retiens tout de même le personnage de Denis Podalydès, caricature odieuse du pro-nucléaire. Le type se veut même rassurant et positif sur la centrale de Zaporyzhzhya au coeur du conflit ukrainien, le sujet qui a pourtant dans la vraie vie inquiétée toute la communauté nucléaire !
Bref, c'était un bon sujet, aux mains de personnes à priori compétente. Mais c'est parti en cacahuètes, tendance malhonnête.