Durant la guerre, un bandit nommé René la canne, à cause d'une balle reçue à la jambe qui le fait boiter, est incarcéré, puis se fait admettre en psychiatrie où il va rencontrer un policier qui est accusé de s'être moqué de soldats allemands. Ensemble, ils projettent de s'évader.
Deuxième film de Francis Girod, René la canne est le détournement d'un roman inspiré de la vie de René Bornier, dit René la canne, où le sérieux qui en découlait est devenu une farce burlesque, le plus souvent lourdingue, mais on ne peut pas dire que ça soit banal.
Je pense que, quelques années avant La chèvre ou L'inspecteur la bavure, on voyait une des premières incursions de Gérard Depardieu dans le genre comique, où son duo assez improbable avec Michel Piccoli fait des merveilles. Notamment dans une scène assez amusante où, juste après couché avec des allemandes, ils sont sur le point d'être surpris par un officier nazi, et pour donner le change, ils vont se mettre dans le même lit en feignant d'être homosexuels. Tout le film est dans cette loufoquerie, cette bizarrerie qu'il assume jusqu'au bout, de sorte que même les scènes avec Sylvia Kristel sont presque de trop.
Cela dit, ça dure 102 minutes, et on sent que Francis Girod a voulu être dans ce second degré constant, quitte à en renverser beaucoup. Je peux comprendre que ça ne touche pas les gens, vu son échec en salles qui a failli faire couler son producteur, mais c'est une proposition radicale, très soignée techniquement (jeu des couleurs, musique de Ennio Morricone) que René la canne est un ovni, même pour cette époque.