L'idée de revoir Nicolas Cage (neveu de Coppola réalisateur de Dracula) dans un gros film de studio depuis Ghost Rider : L'Esprit de Vengeance (2012) est un événement. Cage avait déjà côtoyé le vampirisme dans Embrasse-moi, vampire (1989) dans un ton bien entendu plus absurde. Ici il interprète un Dracula très maniéré et narcissique, sans singer ses prédécesseurs dans le rôle. Les passages avec lui font partie des meilleurs moments du film. Il faut dire que son maquillage est réussi. Nicholas Hoult est suffisamment convaincant en Renfield exténué de sa relation de co-dépendance toxique avec son maître. Awkwafina dans le rôle de l'agent Rebecca Quincy (allusion au personnage Robert Quincy Morris du roman de Bram Stoker) est correcte.
Le film a une direction artistique soignée. Il intègre même des passages du Dracula (1931) de Tod Browning en collant sur les personnages de Dracula et Renfield les visages des deux têtes d'affiche, un rendu saisissant. Sans doute le long-métrage référence les autres adaptations (ex : l’emblème de la famille mafieuse Lobo est un loup, animal faisant partie de l'iconographie du film de Coppola). Le film est gore mais d'une manière cartoonesque et grotesque (suffit de regarder les giclées de sangs numériques). L'éclairage néon semble tout aussi approprié. La narration à la première personnage par le personnage de Renfield est une approche agréable d'autant qu'elle n'a pas souvent été faite sur les films adaptés du roman.
Pour moi, le gros défaut du film est son scénario. Si l'intrigue principale entre Renfield et Dracula se suffisait amplement le scénario inclue une enquête policière sur un traffic de drogue par une mafia en carton, ce qui dans la forme ramène souvent le long-métrage à un film d'action clipesque banal. Dommage !