1.
Une expérience esthétique profondément hypnotique.
Quoi qu’il en soit méta-cinématographique et très polarisant de Bi Gan, mérite d’être savouré lentement.
2.
Les deux premiers chapitres, qui abordent le cinéma des origines et les mécanismes audiovisuels, sont un peu trop explicites dans leur intention. Le récit, fragmenté et parfois monotone, tend facilement à plonger le spectateur dans une sorte de somnolence.
3.
Heureusement, le film trouve peu à peu son souffle.
Le segment situé dans un temple abandonné d’une époque particulière est particulièrement marquant : son esthétique minimaliste et sa réflexion quasi zen sur l’amertume et la douceur rappellent< Printemps, été, automne, hiver… et printemps>, tout en ouvrant une méditation bouddhique sur le cinéma et le rêve.
4.
Le chapitre consacré à l’odorat possède une forte dimension de « dreamcore » à la chinoise. Il évoque avec nostalgie une époque à la fois étrange et merveilleuse, où l’innocence côtoyait la ruse et les petites escroqueries. Le duo formé par l’oncle escroc, à la fois rusé et glissant, et la fillette vive et maligne est irrésistible.
5.
Le segment nocturne de fin de siècle est sans doute le sommet du film, et sans doute celui qui révèle le plus clairement le style et le talent de Bi Gan. Il y raconte cette histoire à travers un plan-séquence de plus de trente minutes, mené d’un seul souffle, parvenant à rendre cet amour né du désordre et du chaos d’une étonnante beauté romantique.
6.
La conclusion dans le cinéma aux chandelles est profondément émouvante.