Oui, à l'heure d'écrire cette critique, j'ai noté 1072 films. Des longs, des courts, des moches, des beaux, des drôles, des prétentieux, j'ai même vu Magical Mystery Tour, c'est vous dire. Résurrection est l'un des plus étrange.
Le prétexte du film (je n'ose parler de scénario) : dans le futur, les humains ont accédé à l'immortalité, mais ils ont perdu la capacité de rêver. Seuls une poignée d'entre eux, les rêvoleurs, y parviennent et voyagent dans le temps. Pourquoi pas ? Les postulats de départ complètement barrés n'ont jamais empêché les bons films de se faire, au contraire.
Mais le premier problème, c'est qu'on n'est pas vraiment face à un film, on est face à un empilement de courts-métrages, liés par le narrateur du premier, et dans lesquels le rêvoleur va incarner un personnage différent. Chaque court-métrage est entrecoupé d'un plan avec une structure, abstraite, en cire, qui fond en stop-motion. Désolé pour le côté terre-à-terre...
Formellement, c'est absolument magnifique : la précision du cadrage est digne d'un Stanley Kubrick, et les hommages plus ou moins explicites vont de Murnau à Gondry, en passant par Méliès et les frères Lumière.
Le second problème, c'est que les scénarii des différents courts-métrages ne se valent pas tous, restent pour certains parfaitement obscurs, comme un hommage à Andreï Tarkovski (et dans ma bouche ce n'est pas un compliment). Néanmoins, le dernier, histoire d'amour et plan-séquence incroyable d'environ 15 minutes, rachète l'ensemble du film et vous marquera pour longtemps.
Résurrection est un film pour public averti : non par le côté gore ou violent (encore que quelques scènes ne ménagent pas le spectateur), mais par son rythme lent et ses références multiples. Un film de cinéphile tourné pour d'autre cinéphiles, mais sans aucune volonté d'ouvrir le cercle. Tu viens avec ton bagage culturel, ou tu restes sur le pas de la porte et c'est tant pis pour toi. Dommage...
À part ça, au moment où j'écris, il y a 52 critiques rédigées sur SensCritique, pour 1300 personnes qui ont vu le film. Un ratio énorme qui devrait vous aiguiller pour savoir si vous êtes ou non le public cible.
LA FIN, POUR M'EN SOUVENIR :
En concluant le premier court-métrage, le rêvoleur est enfermé dans une cuve.