Apparaissant comme une œuvre-testament pour Volker Schlöndorff tant celui-ci semble impliqué dans cette histoire d'amour ô combien nostalgique et mélancolique, qui, sous des airs très apaisés, cache en réalité une passion dévorante. J'ai beaucoup aimé cette façon de concevoir différemment une romance ayant déjà eu lieu, se nourrissant essentiellement du passé, des souvenirs de ces moments... L'apparence modeste du récit apparaît apparaît ainsi surtout comme de l'humilité, des situations qui nous toucheront, qu'on les ait vécus ou non.
Il y a donc un réel plaisir à suivre les différents personnages, tous humains, attachants, à travers ce « périple » new-yorkais, cette ville si familière pour les amoureux du cinéma et dans laquelle on a à nouveau plaisir à passer une centaine de minutes. Les retrouvailles avec cette femme tant aimée, la manière dont
son regard, son comportement va évoluer, et ce, bien sûr, jusqu'à ce moment-clé que sera leur échappée lors d'un week-end propice à (enfin) se dire les choses après leur séparation.
C'est d'ailleurs là où le bât commence à blesser : si certains échanges sont beaux, touchants, ils virent parfois inutilement au pathos ou au mélo, dénaturant presque ce qui faisait la simplicité, le charme de ce lien aussi fort que complexe. Impression accentuée par le dénouement : certes,
niveau ellipse et non-dit,
il y a du niveau.
Mais pour le coup, donner
un peu de sens, de mots sur ces adieux (probablement définitifs, cette fois)
n'aurait vraiment pas été de trop tant l'impression de bâclage, de ne pas savoir comment terminer correctement une œuvre pourtant très prometteuse est palpable. Dommage pour Stellan Skarsgård et surtout Nina Hoss, que je découvrais ici pour la première fois et dont l'élégance m'a ébloui à chaque apparition. Pas mal, donc, mais laissant clairement un goût amer par son dénouement très loin du lyrisme espéré.