On ne revient jamais vraiment indemne de Silent Hill. Ou, du moins, c’est ce que nous promettait ce nouvel opus de Christophe Gans. Bien que le film parvient à capturer une certaine esthétique et se laisse regarder sans déplaisir, il se prend les pieds dans le tapis de la surexplication et d'une technique parfois défaillante.
Visuellement, le contrat est en partie rempli. Le film multiplie les clins d'œil et les références iconiques qui feront sourire les puristes le temps d'une scène. Mais on le sait : le fan-service ne sauve pas un film. Passé le plaisir de retrouver certains monstres, on se heurte malheureusement à des effets spéciaux inégaux. À plusieurs reprises, le rendu numérique manque de finesse, brisant net une immersion pourtant difficilement construite.
Le véritable point de rupture avec l’œuvre originale réside dans ses choix d'intrigue. Le film introduit des éléments absents du jeu :
comme la présence de la psychiatre de James ou l'implication de la secte.
L'objectif derrière ces choix est de rendre le film (trop) compréhensible et accessible. C'est là que le bât blesse. Là où le jeu vidéo brillait par son atmosphère intime, nébuleuse et profondément psychologique, le film choisit de baliser le terrain. En voulant rendre le mystère "trop compréhensible", il évacue la dimension métaphorique qui faisait la force du matériau de base.
Plus proche de la série Z que du grand film d'horreur, 'Retour à Silent Hill' rate le coche. En sacrifiant l'immersion avec des effets visuels moyens et une narration trop didactique, il perd ce qui faisait l'âme de la saga : son ambiguïté. Un divertissement éphémère qui, malheureusement, dissipe le brouillard au lieu de nous y perdre.