On entre tout heureux dans ce film de Kurosawa, heureux de retrouver ces tours de magie, cette poésie fantastique, dans ce qui se présente presque comme une variation sur <i>Cure</i>, voire une sorte de remake. Le film, malheureusement, n’atteint jamais aussi profondément le spectateur que son modèle : les effets tant recherchés, justement parce qu’ils sont ici plus foisonnants et moins économes qu’à l’accoutumée, n’ont guère le temps d’infuser. Le trouble reste léger, l’imagerie (certes inspirée) règne en maître, et le fantôme, recroquevillé sur l’anecdote d’un trauma isolé (résolu en une série de conclusions poussives), n’a guère la portée et la résonance sociale que le syndrome meurtrier avait dans le film de 1997. Bref, un Kurosawa virtuose, mais vite oublié.
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