Lorsque l’on arrive déjà au 7ème épisode d’une franchise, les spectateurs se lassent, et il devient beaucoup plus difficile pour ses créateurs de capter encore l’attention d’un public que l’on sait versatile. Si l’opinion générale s’accorde pour reconnaître que la saga Puppet Master a commencé à amorcer son déclin à partir du quatrième épisode, l’ambition de son producteur restait néanmoins de mise comme l’atteste ce nouvel opus tourné en Roumanie.


Avec Retro Puppet Master, tout recommence enfin. À l’instar de la saga Alien, celle des Puppet Master n’hésite pas à tordre le mythe à chaque nouvelle itération quitte à réécrire complètement l’histoire. David DeCoteau fait fît des paradoxes et incohérences narratives pour offrir aux marionnettes une nouvelle origin story révélant par quel miracle le jeune André Toulon leur a insufflé la vie. Si Guy Rolfe accepte de rempiler une dernière et ultime fois dans la peau du célèbre marionnettiste, le rôle du jeune André Toulon échoue néanmoins à Greg Sestero (The Room).


L’intrigue située au début du 20ème siècle nous est donc racontée par l’intermédiaire d’un flash-back. À cette époque, le marionnettiste se produit dans le « théâtre magique » et se voit confier une bague ainsi qu’une incantation magique par Afzel, un puissant sorcier pourchassé par les sbires du maléfique Sutek (le démon égyptien de Puppet Master 4 et 5). Cet apprentissage va ainsi lui permettre de ressusciter ses assistants et d’insuffler la vie à ses créations pour sauver sa bien aimée et occire les terribles démons cherchant à l’éliminer.


Peu apprécié d’une partie du public, mais néanmoins plébiscité par les fans, Retro Puppet Master cristallise parfaitement cette entre-deux crises frappant toutes les franchises dépossédées de leurs moyens. L’ambition d’offrir une reconstitution fastueuse en costume au plein cœur de Paris se limite néanmoins à quelques plans de transitions de la Tour Eiffel, ainsi qu’une rue et une ambassade en réalité située à Bucarest. Ces efforts visant à imiter l’ambiance de la ville lumière suffiront peut-être à tromper le public américain mais certainement pas l’œil avisé du spectateur français ayant jeté son dévolu sur l’édition DVD édité par Elephant Films.


Signe des temps, les marionnettes ne sont plus animées en stop-motion par David Allen, que le cancer a fini par emporter la même année. Mark Rappaport laisse également sa place à Christophe Bergschneider et son acolyte Jeffrey S. Farley pour la conception de leurs nouveaux designs artisanaux et leurs patines rétro. Blade, Pinhead, Tunneler, et Six Coups disposent ainsi d’un ravalement complet de façade et se voit doter de deux nouveaux compagnons : Doctor Death, et Cyclop. Les poupées le plus souvent filmées en gros plan devront combattre trois momies affublés de trench coat et nantis de pouvoirs occultes comme les harpies de Dark City.


Versant davantage dans la fantaisie tout public que dans le gore racoleur, ce 7ème opus est le premier de la franchise à ne pas se voir attribuer une classification R aux Etats-Unis. Pas une seule goutte d’hémoglobine ne sera donc versée dans cet épisode disposant paradoxalement d’un grand nombre de victimes. Une fois n’est pas coutume, David DeCoteau n’a pas jugé bon de filmer l’un de ses interprète torse-nue ou en sous-vêtement.


Pour le reste, la mise en scène affiche bien la patte de son réalisateur, notamment ses décadrages originaux et son atmosphère d’épouvante lancinante. Malheureusement, Retro Puppet Master souffre également d’un rythme déficient, d’une série de péripéties peu exaltantes, et d’un combat final somme toute risible, peinant à tromper l’ennui du public. La franchise ne fait plus beaucoup illusion, et les poupées commencent à souffrir sérieusement de la gueule de bois.


Le sage pointe la lune, l’idiot regarde le doigt. Alors s’il te faut un guide pour parcourir l’univers étendu de la Full Moon Features, L’Écran Barge te fera découvrir le moins pire et le meilleur de l'oncle Charles Band, le Walt Disney de la série bis !

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le 31 janv. 2026

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