Jeff Rector réalise, produit et se donne le rôle principal dans ce DTV qui est difficile à saisir. En effet, le film contient suffisamment d'humour pour faire douter de son sérieux, mais il étale par ailleurs tant de clichés du genre amenés sans recel qu'on est vite perdu sur les intention de Jeff. Est-on devant un pastiche ou devant un film d'exploitation fauché qui se permet de blaguer un peu pour arrondir les angles ? Parce que si tout est volontairement exagéré dans le film, alors monsieur Rector est un génie de l'humour, tant ce qu'il a pondu ressemble à s'y méprendre à un nanar à plusieurs reprises : la majorité des acteurs jouent extrêmement mal ou cabotinent comme des damnés. Une théorie intéressante serait que Jeff Rector prévoyait de faire dans l'auto-dérision, mais qu'il n'a pas prévenu son casting, mais ça semble trop génial pour être vrai.
D'ailleurs, parlons-en du casting, parce que y'a du beau monde. Sans compter Jeff Rector dans son rôle de sous Martin Sheen mâtiné de Bruce Campbell, on retrouve au compteur l'éternel méchant lascif Billy Drago en vieux maître vampire qui veut plonger le monde dans l'éclipse solaire permanente, Fred Williamson qui fait du David Carradine (à savoir qu'il n'apparait que dans son bureau de flic, comptez 1 heure maxi de tournage), Sam Jones en exterminateur de suceurs de sang grâce à son fusil à canon scié qui lance des mini-pieux, Deron MacBee (Time Barbarians, Immortal Combat, Mortal Kombat 2) qui cabotine comme à son habitude, c'est-à-dire énormément, Vernon Wells (le Bennet de Commando) dans un rôle de sous-fifre, un vieux professeur hilarant (Victor Lundin) et plusieurs pépés gothiques à faux nichons.
On ne s'ennuie donc pas, même si on ne sait plus trop si on rit avec ou du film, ce qui finalement n'est pas si grave. De toutes façons, on a le droit au jeu d'acteur vampire habituel (à savoir on crache en montrant nos dents à la moindre occasion), avec des séquences de baston collective excellente de n'importe quoi, le concept de la vampirisation à domicile et du snuff vampire, et plein d'inventions rigolo (hemorette, l'hémo-patch pour vampire en manque, ou le laser gun anti-noctambule sorti de nulle part). Y'a même des passages guimauves plus vrais que nature, qui sont donc probablement 1er degré.
Un très bon moment, ce qui est somme toute assez rare pour ce genre de production.