Ce film n'a pas gagné son oscar pour sa réalisation, par moment trop appuyée et trop manifeste, pour son esthétisme auto-érotique ou pour son scénario mi-trop cliché, mi-trop mélo. Ce film a gagné son oscar parce qu'il se peut que malgré tout, il parvienne à toucher celui qui le voit tant par son propos que par ses personnages, que par les situations qu'il décrit.
Malgré les facilités de l'histoire (les joggeuses, les deux réconciliations, le final (et l'ouverture !) avec les tizenfants africains) certains passages sont tout simplement lumineux : le père désemparé autant face à son fils que face à son deuil, le père qui affronte l'humiliation, la colère qui traverse le film, deux enfants qui se couvrent l'un l'autre face à la police.
Ce n'est donc pas un film dont les parties méritent la reconnaissance ultime, mais dont le tout parvient à s'élever malgré tout. Au final un film que je n'ai pas regretté d'avoir vu en salle :comme toujours au cinéma, surtout dans un quartier "populaire", quand tout le monde ferme sa putain de gueule pendant un moment poignant, c'est vraiment bon signe. Dans ce cas-ci, on a presque jamais entendu personne.
Et, c'est là que le film gagne ses galons, quand on sort de la salle avec ses potes, on ne parle pas tant de la technique ou du scénario que de ce qu'on a éprouvé comme émotions. Grande réussite, donc.