Waw. J'ai rarement vu un travail aussi baclé. C'est dommage parce qu'il y a des choses intéressantes. Mais en l'état je n'ai même pas envie de lire le livre tellement le film s'avère décevant.

La mise en scène d'abord. Il est vrai que "Atonement" comporte de très bons décors et surtout de très beaux costumes. Une reconstitution réussie, donc. Mais un poil trop proprette. La photographie en soi est elle aussi assez soignée, de belles compositions viennent chatoyer les rétines des spectateurs. Mais les choix scéniques sonnent tous faux. Effets de style en pagaille, mouvements de caméra et angles de vue qui ne racontent rien. Wright ne sait tout simplement pas comment raconter son histoire. C'est regrettable aprce qu'en plus il bénéficie d'une très bonne palette d'acteurs très investis ainsi que, comme précisé en début de paragraphe, de très bons atouts techniques.

L'histoire ensuite. Et là on atteint le fond. J'ignorais en lançant le film qu'il s'agissait d'une adaptation (je ne savais même aps de quoi traitait le film), mais très vite on le devine. On le devine à la manière dont les raccourcis sont effectués. On le devine à la manière dont les personnages restent plantés là, en silence ; durant ces moments, on a l'impressoin qu'il manque une voix off pour fixer les pensées de ces personnages, afin de compléter le profil psychologique. Parce qu'en plus les personnages sont creux. Si creux. Le désarroi expliqué à la fin de l'histoire, on ne le ressent jamais. On le devine vaguement, parce qu'on n'est pas idiot, mais jamais on ne le ressent réellement. Il y a un réel manque de conflits aussi. Les personnages pleurent, parlent mais n'ont jamais rien à affronter. La narration va tous les sens aussi, plein de sujets sont abordés, mais rien n'est traîté en profondeur : c'est décousu. La scène de fin remet les choses en perspective maladroitement, mais cela ne suffit pas. Enfin, ce qui m'a irrité le plus, c'est cette façon de raconter avec des changements de points de vue ; en soi, cela peut s'avérer intéressant (voir les films de Lucas Belvaux) mais il faut pour cela en tirer parti, rendre cela pertinent. Ici ce n'est pas le cas. Surtout que l'auteur amène parfois des ellipses très intéressantes, mais qu'il n'a de cesse de revenir en arrière, cassant ainsi l'effet qu'il venait de provoquer. La narration donne en fait l'impression d'écouter un de ces petits vieux qui parlent, vous savez, il commence par la fin puis il dit "ha non attendez, avant il a fait ça et ça en fait". Extrêmement frustrant.

Bref, "Atonement" est tellement maladroit et brouillon, c'en est râlant à cause du potentiel, des bonnes idées qui sont salies par un manque flagrant de compétence narrative. Triste.
Fatpooper
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le 17 juil. 2014

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