Si « Rhapsodie en août » n'est pas le plus lyrique ni le plus passionnant des films d'Akira Kurosawa, on ressent bien toutefois cette force typique du réalisateur, cette volonté de rendre intenses et constructives les relations entre les différents personnages, cette mise en images très supérieure à la moyenne... Alors que l'auteur de « Rashômon » s'avère pourtant moins subtil qu'à l'accoutumée, notamment lorsqu'il évoque la catastrophe d'Hiroshima, on y croit dur comme fer, la qualité des situations y étant sans doute pour beaucoup face à des dialogues parfois un peu lourdauds.
Et puis il y a cette constante impression d'apaisement permettant de connaître un réel bien-être intérieur, quitte à ce que le récit ne soit pas plus passionnant que cela. Cette dernière impression est toutefois relative tant Kurosawa parvient à capter ces moments de vie avec intelligence, le fond sur devoir de mémoire et beau message de réconciliation entre les peuples. Bref, à défaut d'atteindre donc des sommets de nuance, le maître japonais parvient à nous toucher durablement sur des questions aussi sensibles qu'universelles : plutôt réussi.