Patrice Leconte est un réalisateur branché sur courant alternatif ; un coup, il réussit un film, un coup il le rate...
Ce film-ci n'est pas un projet personnel ; il lui a été apporté par le scénariste, Rémi Waterhouse, pour ce qui est une belle réussite.
L'histoire se passe au XVIIIe siècle, et sans vouloir en dire trop, il est surtout question d'apparences, du qu'en dira-t-on, bref, de choses très actuelles, mais dites avec une verve trop rarement vue.
Il faut dire que le scénario est excellent, et propice aux bons mots. D'ailleurs, Leconte a très bien su s'entourer avec Charles Berling, Judith Godrèche, Fanny Ardant et un génial Jean Rochefort qui se retrouve ici sans moustaches ! Surprise garantie. Même Bernard Giraudeau y est très bien, alors que c'est un acteur que je n'apprécie guère.
Mais j'avoue que c'est une découverte rétrospective de voir ainsi Charles Berling aussi lumineux, car il est tel un bâton de dynamite dans des conventions aussi culs-serrées que celle du XVIIIe siècle, notamment sur le fait de rire de ses propres blagues. J'oserais même dire qu'il y est irrésistible pour son premier grand rôle au cinéma.
Le choix de Leconte est aussi judicieux, car il retrouve dans un sens la dynamique qu'il avait dans ses comédies antérieures, et il faut saluer la très belle photo de Thierry Arbogast, très laiteuse, et donnant un peu au film une dimension éthérée, comme si on assistait à une parenthèse enchantée.
Depuis, on est sans nouvelles de Remi Waterhouse (il a réalisé deux films, puis plus rien depuis plus de dix ans), mais il est remarquable de constater qu'il a parfaitement su éviter le côté raide qu'apporte le film en costume.
Voilà qui fait plaisir pour une comédie française !