Avec sa séquence inaugurale s'ouvrant sur la tombe de la défunte madame Bond et voyant l'agent le moins secret de sa Majesté se débarrasser d'une façon bien cartoonesque d'un simili Blofeld, "Rien que pour vos yeux" semble faire du pied aux anciennes aventures de 007, tout en voulant visiblement en finir une bonne fois pour toute.
Cadre limité à la Grèce (avec une petite escale en Italie et aux Bahamas), quasi-absence de gadgets, James Bond Girl vengeresse, bande son signée Bill Conti... "Rien que pour vos yeux" se rapproche d'avantage de la série B musclée que du grand film d'espionnage. Pas une mauvaise chose après la surenchère et l'humour navrant du précédent volet.
Mais malgré une poignée de scènes d'action sympathiques, le premier James Bond mis en scène par John Glen (monteur et réalisateur de seconde équipe sur d'anciens opus) ne fonctionne qu'à moitié, la faute principalement à une intrigue peu palpitante et à un rythme en dents de scie, d'autant que l'ensemble a prit un sacré coup de vieux.
Concerné une fois sur deux, Roger Moore semble se lasser et montre également des signes de fatigue, son âge commençant à se voir sérieusement. Face à lui, les bad guys manquent singulièrement de charisme, même si l'on pourra s'amuser à reconnaître le comédien Charles Dance, futur adversaire inoubliable de Jack Slater et le seul à s'être tapé Ellen Ripley, quand même ! Reste la toute jeune Carole Bouquet, absolument sublime (il faut la voir en combi de plongée !), même si son personnage aurait gagné à être étoffé.
Une entrée peu concluante dans la décennie 80 pour James Bond, avec cette aventure loin d'être désagréable mais qui ne se suit qu'avec un oeil distrait.