Même après avoir vu 12 opus de James Bond, la même et éternelle question m’obsède. Qu’elles sont les ingrédients qui font d’un James Bond un bon James Bond ou un mauvais James Bond ? Et je n’ai toujours pas de réponse... Après le très malheureux Moonraker, cet épisode ne pouvait que relever le niveau, cependant, cela reste dans des proportions toutes relatives.
Un système top secret de lancement de missile britannique coule à bord du bateau St-Georges en mer albanaise. C’est la course à la récupération de l’engin entre James Bond et Kristatos désireux de le vendre aux Russes.
L’ouverture est une forme de clôture des affrontements de James Bond avec le SPECTRE. Sans être nommé, c’est bien le chauve Blosfeld qui termine en fumé dans le conduit d’une cheminée d’usine. Fait suffisamment rare pour être remarqué, la série s’auto-site en faisant référence à un épisode précédent (la mort de la femme de James Bond dans « Au service secret de sa majesté ») qui nous fait croire que l’ensemble à une cohérence, que nous visionnons une suite. James Bond se recueillant sur la tombe de sa femme est un moment délicat qui peine à trouver une place vraiment légitime dans un épisode.
S’en suit un enchaînement de scènes d’action très réussies qui forme l’attrait principal du film. La course poursuite au volant d’un 2CV jaune est réglée au millimètre. Tout en chassé-croisé spectaculaire. L’excellente poursuite à ski et moto est tout aussi vertigineuse. L’affrontement en sous-marin et scaphandre est réellement angoissant tout comme l’ascension du Mont St-Cyrille ou la vie ne tient qu’à des lacets de chaussures et quelques pitons se décrochant petit à petit. Bref l’action est dirigée de main de maître par John Glen mais cela s’arrête là. Cette succession s’emboîte mal, à la manière d’un best-of sans file conducteur. C’est plaisant mais ne fait pas la réussite d’un film d’où ma déception.
Les rôles principaux sont pourtant intéressants et bien interpréter. Carole Bouquet est magnifique et ses yeux font honneur au titre du film. Topol en Columbo est des plus sympathique et Kristatos joue double de façon assez subtile.
Les ingrédients sont donc au rendez-vous et pourtant, la question en incipit reste posée...