Nous ne sommes encore pas nombreux mais j'apprécie de plus en plus le cinéma à la fois trash et clinique d'Ulrich Seidl, notamment parce que j'ai réussi à péter le vernis et voir toute la critique sociale, cynique, sans pitié, sévère mais juste et nécessaire qui se cache derrière. Avec sa façon habituelle de proposer une image qui fait douter le spectateur quant à ce qu'il voit (fiction ou documentaire ?), il propose cette fois le portrait d'un vieux crooner de supérette, bedonnant et vieillissant, qui commence le film en enterrant sa mère, attendant d'en faire de même avec son père, et qui survit en chantant des chansons d'amour mièvres et ringardes dans des maisons de retraites tout en se prostituant auprès de clientes à peine moins âgées. C'est sans pitié, sans concession, il faut avoir une bonne dose de second degré pour encaisser, mais l'ensemble du film est au final réjouissant bien que livrant un portrait de l'époque sans concession et on ne peut plus déprimant, et laissant un arrière-goût bien cradingue, mais tellement assumé...