Je mets une bonne note pour le symbole parce que le film n'est pas exempt de défauts, très clairement. Mais la démarche me parait sincère et je trouve assez important que le cinéma, qui est un milieu qu'on peut souvent accuser de rester cloîtré dans un entre-soi, filme des militantes aussi.
Le souci du film c'est qu'il se répète et qu'il a un angle volontairement restreint. En voulant parcourir la France et montrer les colleuses de différents endroits, on se rend compte que les problèmes qu'elles ont sont les mêmes, que ce qu'elles ont à raconter c'est la même chose et honnêtement je n'ai pas appris grand chose.
Ce qui est assez étrange c'est que le film est beaucoup plus puissant lorsqu'il filme autour des collages. La scène de la manifestation ou bien l'hommage qui se déroule à Amiens sont des images qui me marqueront plus que de voir des colleuses agir la nuit plus ou moins tranquillement et nous dire l'après-midi en faisant de la peinture que quand même, elles sont en colère et que la rue est un espace qu'elles ont envie de se réapproprier.
Dans ces moments-là, pour moi, on sort un peu du cadre des colleuses et le militantisme s'exprime autrement. J'aurais évidemment préféré un film qui montre différentes couches de militantisme (ou davantage) afin que plus de gens puissent s'identifier à ces jeunes femmes. Je tiens à préciser que cette critique est adressée au duo de réalisateurs que je l'exprime, et non envers les militantes filmées qui ont simplement fait ce qu'elles avaient l'habitude de faire et porté les messages qu'elles avaient à porter.
Mais je suis content que ça existe, très sincèrement. Évidemment, quand on voit que c'est co-réalisé par Simon Depardon et qu'on sait qui sont ses parents on est pas du tout surpris de voir que la photographie du film est magnifique. On a quand même des documentaristes en France qui accordent un soin assez rare à cet aspect et il faut bien le souligner lorsqu'on voit un documentaire aussi bien filmé.