Quand une intrigue amoureuse à la Bonnie and Clyde tourne au vinaigre et plonge dans la satire sociale. Un couple de voleurs se retrouvent pris dans la saison du riz au milieu de la plaine du Pô.
Le cadre y est léger, limite orgiaque. Des dizaines de jeunes repiqueuses y côtoient pendant 40 jours des dizaines de soldats. Tous ont le sens du travail et du divertissement. On souffre sous le soleil de plomb de ces magnifiques rizières du Pô ; on chante des hymnes de révolutions ; on danse de ces danses nuptiales. On s'amuse, on transgresse certes, mais on n'oublie pas sa famille, qu'il faut nourrir.
Malgré les tensions qui peuvent exister comme dans n'importe quelle communauté, tout rentre dans l'ordre quand tous se reconnaissent dans leur même condition, dans leur même humanité. C'est le personnage de Walter qui va faire éclater le cadre où tout ne se passait pas si mal. Walter n'a ni foi ni loi et veut exister au mépris du monde entier. C'est un diable et un fasciste. Et comme tous les diables, Walter fascine : il entraîne avec lui les hommes les plus faibles et les femmes les plus belles.
Les personnages du film sont très justes et fondent un monde de bonheur simple et d'amitié qui ne prétend à rien d'autre que demeurer. L'irruption du mal y fait beaucoup de dégâts mais ne triomphe pas. Miraculeusement, l'amour a le dernier mot alors que tout semblait perdu.
Un conte moderne avec le riz comme décor, qui fonctionne comme une métaphore de l'amour : on le sème, on le cultive, on le célèbre, on s'en nourrit, on le répand sur ceux qu'on aime... Le mal lui donne parfois un goût amer.