C'est l'histoire d'Elvis qui veut retourner à Graceland pour son anniversaire, enfin, l'anniversaire de son décès et il en profite pour jouer à l'ange gardien pour Byron qui se remet difficilement de la perte de son épouse dans un accident de Cadillac bleue...
Même avec une histoire pareille, ça commence assez mal, avec des dialogues trop appuyés, des effets maladroits, un Keitel qui surjoue laborieusement là où il devrait être génial de cabotinage enlevé et surtout une grosse moulasse dans le rôle du jeune veuf endeuillé, luisant comme une prostituée en plastique et épuisant dans le rôle du personnage pisse-froid de service...
Heureusement, c'est un road-movie, genre que j'affectionne tout particulièrement et la bande-son est réjouissante en diable lorsqu'il ne s'agit pas de l'inutile musique composée spécialement pour gâcher les moments supposés émouvants du film...
Et puis à un moment, quand on pense qu'on va trouver le fond avec Bridget Fonda en imitatrice de Marilyn, une sorte de petit miracle apparait qui transporte le film dans la catégorie de ces glorieux films belges que je croyais pourtant inimitables, Eldorado qui rencontre Everybody Famous, quelque chose comme ça, avec deux numéros musicaux assez merveilleux qui transcendent aussi bien Bridget que Harvey et donnent presque à la maladresse de l'ensemble une justification inattendue, comme si tous les défauts du film et des personnages qui se mélangent devenaient émouvants comme rarement.
Alors oui, c'est finalement presque charmant, ça aurait mérité tellement mieux peut-être, mais ce petit fond de ringardise colle judicieusement au sujet et il y a derrière tout ça une bonne foi tellement évidente qu'il en devient impossible de gâcher son plaisir.