Roadie (Michael Cuesta, 2012) dépeint le retour d’un homme à la dérive, ancien technicien de tournée pour Blue Öyster Cult, contraint de revenir dans le Queens après avoir été largué par la route. L’idée est forte : que reste-t-il d’un rêve une fois le rideau tombé ? Le film pose cette question avec sincérité, mais aussi avec une retenue qui finit par lui nuire.
Ron Eldard porte le film avec justesse, incarnant un personnage paumé, rempli de silences et de désillusions. Malheureusement, la mise en scène reste trop sage, et le scénario, trop discret, n’ose jamais dépasser le cadre intimiste qu’il s’impose. Il en résulte une œuvre touchante, mais qui manque cruellement de souffle et d’audace.
Il y a de beaux instants, une vraie mélancolie, mais tout cela reste trop en surface. Roadie touche du doigt des vérités amères, sans jamais vraiment les embrasser. Un film sincère, mais qui s’oublie aussi vite qu’il est venu.
Note : 6.5/10 – Un drame modeste, juste mais trop timide, à l’image de son héros.