Rock Bottom
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Rock Bottom

film de TomSka (2012)

YouTube est un diffuseur casse-gueule : son avantage est qu’il encourage la création en permettant à tout un chacun de proposer du contenu, son inconvénient est qu’avec ce système n’importe qui se croit génial en faisant n’importe quoi. Mais dans ce foisonnement de créateurs plus ou moins bidons surgit parfois du vrai contenu de qualité. Et s’il est assez rare d’être surpris sur YouTube, ce qui est encore plus rare est bel et bien d’être totalement pris de court. TomSka fait partie de ces coups de gueules, qu’il doit à un humour absurde parfaitement maîtrisé, un talent d’écriture certain et ne gestion du rythme indubitable. Si la populace le connaît notamment grâce à ses asdfmovies, il ne s’agit que d’une infime partie toute sa production, qui pour ne pas être très prolifique malgré la courte durée de ses vidéos, dépasse la majorité des créateurs sur le plan de la qualité. Chaque nouvelle vidéo visionnée met à genoux la précédente, mais Rock Bottom fait office de point d’orgue dans cette expérience.


Sorte de petit frère bâtard de la websérie Eddsworld (les personnages se ressemblent fort), il ne s’agit ni plus ni moins que d’un court-métrage d’une petite minute, mais d’une minute effrénée où les gags se succèdent à telle vitesse qu’ils ne te laissent jamais le temps de respirer. La minute s’ouvre dès la première milliseconde sur une chanson de présentation qui te laisse à peine le temps d’assimiler l’absurdité d’une maison en équilibre sur une falaise finissant par tomber dans la mer, et enchaîne paroles et images hallucinantes et jubilatoire, entre un saumon frappant un ours, Poséidon en robe et un chat habillé en poisson (oui oui c'est bien un poisson-chat). Une fois entré dans le vif du sujet, tout de la musique aux rires préenregistrés finissent de convaincre que TomSka pousse jusqu’au extrémités de la parodie de sitcom. Tandis que Tom panique à en hurler et écarquiller des yeux injectés de sang plus que de raison, Edd enchaîne les jeux de mot marins (en anglais, mais faciles à comprendre pour un locuteur français) sans se soucier le moins du monde de leur situation, même sans rires préenregistrés (« I’m out for my date with Sta(SEA)! (SEA) ya! »). Du début à la fin de cette minute, de la chanson à la scène du repêchage des cadavres de nos deux héros par deux flics – l’un maussade, l’autre débile, accompagnés d’un canard du même acabit – le rire ne s’arrête jamais, pas tant à cause des gags en eux-mêmes, qui concrètement n’ont de drôle que leur absurde (rappel : l’absurde est un humour uniquement contextuel, qui repose sur le décalage produit par une réalité abstraite n’étant ressentie que du point de vue du destinataire de l’action), mais surtout grâce à la cadence démesurée à laquelle ils s’enchaînent, et au brouillamini déchaîné et jubilatoire qui en résulte.


Une fois fini, le premier réflexe est de revoir, puis revoir, puis revoir, revoir, revoir, revoir afin de repérer ce qui nous aurait échappé, saisir tous les jeux de mots et profiter de chaque élément comique que renferme ce très-court-métrage à l’animation déjantée (pour en rajouter au comique), mais surtout pour laisser l’hilarité durer le plus longtemps possible, car de cette minute on ne s’en lasse jamais.

Aldorus
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Créée

le 20 oct. 2017

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