Sur le papier, tout était là. Une comédie sur le glam/hard des années 80, son mauvais goûts, ses outrances, ses riffs et ses solos démentiels. Un scénario de Justin Theroux, Tom Cruise en roue libre, Russell Brand en rock star (wait – il sait faire autre chose?), et un honnête tâcheron aux manœuvres. Le résultat est presque pitoyable.
Résumons le gros du problème : grosso modo on s'inspire d'Axl Rose pour évoquer la gloire d'une star du rock incontrôlable, en parallèle avec la décrépitude d'une salle mythique. Pitch classique de la comédie-rock'n'roll. Alors tout le folklore y est : fringues, disquaires, guitares, cheveux, name dropping... Les personnages écoutent Def Leppard et Slayer, bien bien bien. Sauf que tout ceci est une comédie musicale façon Broadway. Imaginez une poupée barbie hideuse et lisse chanter en vocoder des ballades énamourées et sirupeuses pendant 1h40, avec 2-3 riffs au milieu. Par moments, on croirait voir un clip de Britney Spears ou de Lady Gaga. Un comble. Le seul moment musical vraiment potable c'est la discrète chanson de Scorpions qu'on entend vers la fin. Et la reprise de Paradise City est IGNOBLE.
Ceci étant dit, le film a ses atouts : Cruise est vraiment bon, Russel Brand et Alec Baldwin sont hilarants (ah, la scène gay!), Catherine Zeta Jones en fait des tonnes mais c'est marrant... Bref niveau acteurs, ça passe. La réalisation trouve quelques bonnes idées, comme les scènes dans le bar à hôtesses tenu par la géniale Mary J. Blige – la seule à ne pas avoir besoin de vocoder dans le tas, au passage. On regrettera donc un film bien trop lisse, calibré pour des teenagers abreuvés à la musique de merde américaine et qui penseront être rebelles en regardant ça. Triste, du même réalisateur, la relecture du Hairspray de John Waters était bien plus convaincante. Et le film, s'il ne se prend heureusement pas (toujours) au sérieux, n'arrive pas à la cheville de standards du genre que sont, au hasard : The Pick of Destiny (Jack Black), Wayne's World 1&2 (Mike Myers), Get him to the Greek (Russell Brand, justement), l'énorme Spinal Tap ou encore, dans un autre registre, le très beau Almost Famous (James Cameron). Pas désagréable en somme mais complètement inutile, et une BO vraiment immonde. Je suis rentré avec une seule envie : écouter Lovedrive de Scorpions et Appetite for Destruction des Guns'.