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le 23 janv. 2013
SuivreQuand on veut on peut
A mon grand étonnement, j’ai beaucoup aimé Rocky. Je l’ai trouvé fort, beau et simple. C’était un culte à côté duquel j’étais toujours passée, avec l’impression de ne pas louper grand-chose. Après...
Le 24 mars 1975, Chuck Wepner, boxeur non-professionnel originaire de la ville de Bayonne dans le New Jersey, monte sur le ring du Coliseum de Richfield dans l’Ohio pour le combat de sa vie face au champion du monde poids lourds, Mohamed Ali. Et si les 15.000 spectateurs pensaient voir Chuck Wepner s’effondrer rapidement, c’est l’inverse qui se produit. Non seulement le boxeur de 36 ans encaisse les coups sans broncher, mais surtout, il réussit l’exploit d’envoyer Mohamed Ali au tapis d’un coup droit placé sous le cœur (en lui marchant néanmoins sur le pied). Faisant de lui l’un des quatre hommes au monde à avoir mis Ali en knock-down. Piqué à vif, Mohamed Ali finit par mettre Chuck Wepner K.O au 15e round, à seulement 19 secondes de la fin du combat.
Sylvester Stallone, jeune acteur, assiste au spectacle lors d’une diffusion à Philadelphie. C’est grâce à ce combat que Stallone écrit l'histoire d'un boxeur de seconde classe (Rocky Balboa) qui se voit offrir la chance de sa vie le jour où le champion du monde de boxe lui propose de l'affronter sur le ring.
Convaincu du potentiel du rôle de Rocky Balboa sur grand écran, Sylvester Stallone refuse de vendre son scénario si il n'obtient pas la garantie de jouer le rôle principale. Les producteurs Irwin Winkler et Robert Chartoff font monter très haut les enchères pour acheter ce script, mais ils souhaitent une star confirmée sur l'affiche. Le rôle est proposé à James Caan, Robert Redford, Burt Reynolds ou Ryan O'Neal. Les producteurs ne sont guère enthousiastes à l'idée de confier le rôle principal à Stallone, qui n'est alors qu'un acteur de second plan.
En 1976, Rocky sort au cinéma alors que Sylvester Stallone a obtenu gain de cause pour être la tête d’affiche.
Dans les quartiers populaires de Philadelphie, Rocky Balboa, marginal au grand cœur, vit de petits boulots. Quand il ne travaille pas, il dispute des combats de boxe sous l’appellation de l’étalon italien. Un jour, Apollo Creed, champion du monde de boxe catégorie poids lourd, recherche un nouvel adversaire pour remettre son titre en jeu. Son choix se porte sur Rocky.
Ce film, c’est avant tout une grande modestie. Ce sont ces rues des quartiers pauvres de Philadelphie, où évoluent les désœuvrés, notamment ce jeune homme costaud mais un peu gauche, qui fait des petits boulots ingrats. C’est aussi un boxeur de l’ombre qui se bat dans des arènes clandestines pour tenter de toucher quelques petits billets. Le film s’ouvre en plein combat de boxe sous le regard d’un portrait du Christ. On pense que le sujet principal du film est la boxe, mais ce ne sera pas véritablement le cas. Le film va venir illustrer un certain échec de l’idéal du rêve américain, mettant en lumière la pauvreté et des personnages modestes dans leur quotidien, avant de faire entrer la lumière et raviver l’espoir.
Comme beaucoup, le personnage de Rocky subit la situation, il s’adapte, mais contrairement aux autres, il va avoir le choix. Habitué à son quotidien de boxeur des bas-fonds, il prend l’opportunité de Apollo Creed sans véritablement se rendre compte des bénéfices qu’elle pourrait lui apporter. Ce sont ses proches, notamment Mickey et Adrian, qui vont lui faire prendre la mesure de l’occasion. En effet, autour de lui, tout le monde a déjà baissé les bras. Paulie vit d’un boulot dont il se fiche, sombre dans l’alcool et ne peut plus s’exprimer que par la violence. Adrian subit le quotidien de Paulie et ne parvient pas à s’épanouir. Quant à Mickey, il se remémore son passé avec nostalgie mais est aussi confronté à son propre échec, qu’il impute notamment au fait qu’il n’avait pas eu de manager.
Talia Shire et Burt Young incarnent les frères et sœurs Adrian et Paulie et nous plonge dans le quotidien de leur personnage assez facilement. Ils sont authentiques, des banlieusards de la vie de tous les jours, ils sont ancrés dans le réel. Pareil pour Burgess Meredith et son rôle de Mickey, ancien boxeur désabusé.
Le frère de Sylvester Stallone, Franck Stallone, a un petit rôle de chanteur de quartier.
C’est parce que Rocky menace de suivre le même chemin que Mickey, que ce dernier va tout faire pour le mener à saisir sa chance. Pour Rocky, ce sera l’occasion de se transcender, non seulement pour lui, mais aussi pour ceux qui l’entourent, sa vie ayant désormais trouvé un nouveau but. Un chemin qui ne sera pas simple, à l’image de ce tout premier footing matinal qui s’achève avec un Rocky redescendant aussitôt les fameux escaliers complètement essoufflé. Jusqu’alors moyen permettant à Rocky de survivre, la boxe devient pour lui un moyen de vivre, d’exister, de ne plus être une ombre qui sillonne les rues des quartiers défavorisés de Philadelphie, mais bien un homme accompli, capable de prouver aux autres qu’il est à sa place.
Ce personnage de Rocky est aussi celui de l’Amérique des petits. Il court dans des rues jonchées d’ordures et dans des terrains vagues. Boxeur raté, il gagne l’opportunité unique de se battre contre Apollo Creed, qui, faute d’opposant sérieux propose d’offrir sa chance à un boxeur local inconnu. Rocky est choisi pour son surnom de l’étalon italien. Il commence par refuser le combat, mais finit par accepter car l’Amérique est le pays des opportunités. Rocky veut juste être fier de se battre, ça n’a pas d’importance de gagner le match, il veut juste tenir la distance. En face, Apollo Creed, c’est le grand cirque du show-business, celui qui compte les billets de banque avant le match et gère sa carrière, tout le contraire de Rocky Balboa.
Carl Weathers campe parfaitement l’américain a qui tout réussi : Apollo Creed. Je n’arrive pas a le détester malgré l’arrogance et la suffisance qu’il dégage. On sent qu’il a réussi, qu’il est au sommet et qu’il ne veut rien lâcher. Carl Weathers est excellent.
Nous sommes proche des personnages, ils ont du temps pour s’exprimer et se donner du relief. Chacun a un rôle bien défini, mais c’est ce qui permet de créer ce microcosme très évocateur et auquel le spectateur peut s’attacher. Cette authenticité permet de donner une dimension réaliste à cette histoire qui, si son événement central paraît complètement improbable, prend tout son sens dans son traitement. L’objectif devient secondaire, peu importe la victoire, c’est le chemin qui y mène qui est intéressant. Tout cela mène ainsi à ce combat final, rude et intense, dont l’issue, surprenante mais loin d’être frustrante, parachève cet accomplissement, qui ne nécessitait pas d’or ni de gloire, simplement un dépassement de soi et la solidarité pour être possible.
Bill Conti compose une bande-son, un titre, une musique, des notes qui ravivent tout de suite en nous les souvenirs d'un film mythique. Les thèmes créent par le compositeur resteront à tout jamais dans les esprits et les fanfares qui jouent à la gloire de ce boxeur qui a su, à force de courage, d'acharnement et d'humilité conquérir le coeur des gens.
Rocky s’impose comme bien plus qu’un simple film de boxe : c’est une ode vibrante à la persévérance, à la dignité et à la capacité de chacun à se dépasser. Porté par une interprétation sincère et habitée, le récit transcende son cadre sportif pour toucher à l’humain, rappelant que la véritable victoire ne réside pas seulement dans le résultat, mais dans le courage d’oser se battre. Intemporel et profondément humain, Rocky demeure une œuvre inspirante qui continue, des décennies plus tard, à faire résonner en chacun cette irrépressible envie de croire en ses rêves.
De son côté, le réalisateur John G. Avildsen filme très efficacement les pérégrinations du célèbre boxeur, avec une caméra excitante et dynamique. Il gagnera d’ailleurs l’Oscar du meilleur réalisateur. Richard Halsey et Scott Conrad remportent l’Oscar du meilleur montage la même année, tandis que le film remporte l’Oscar du meilleur film.
De belles récompenses, mais on peut regretter que Sylvester Stallone ne remporte ni l’Oscar du meilleur acteur, ni celui du meilleur scénario originale. Même punition pour Bill Conti qui ne remporte pas l’Oscar de la meilleur chanson pour Gonna Fly Now.
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le 11 mars 2023
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