L'illusion a peut-être durée une demi-heure, et encore... On sent un certain investissement de Jacques Doillon derrière la caméra et de Vincent Lindon devant, bien secondé par une Izïa Higelin aussi touchante qu'inattendue. Quelques plans, sculptures font forte impression, mettant en valeur le brillant travail de l'artiste. Mais bon, deux heures, quoi... Le tout pour raconter quoi ? Pas grand-chose. En même temps, fallait-il s'attendre à autre chose du réalisateur ? Comme s'il n'avait presque rien à dire, se caricaturant dans des scènes longues, vides, ne débouchant sur rien ou presque.
C'en est presque triste de voir un si grand talent (Rodin, j'entends) réduit à un film aussi pauvre narrativement, à peine éclairé par quelques apparitions de grandes figures de l'époque. En un mot, le pire défaut qu'on puisse trouver à une œuvre : l'ennui. À qui s'adresse ce titre ? Aucune idée. Certainement pas à un large public. Bref, autant revoir « Camille Claudel » : vous en apprendrez beaucoup plus et, au moins, vous aurez un minimum d'émotion.