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Pourquoi
Ce film m'a fait penser à ces très longs pets que l'on lâche en période de gastro-entérite et qui nécessitent d'être à proximité du trône pour éviter tout débordement. Il mérite donc la note...
le 28 mars 2015
- Pourquoi un tueur yakusa bosse pour les triades ? Tu comprends ce que je dis. C’était toi au téléphone, hein ? Tu te souviens pas ? Tu te souviens de mon partenaire. N’est-ce pas ? Tu te souviens de son nom. Tom Lone. Et sa femme, Diane. Sa fille de 4 ans, Amy. Le chalet dans les bois. Chalet que tu as réduit en cendres avec eux à l’intérieur ! Tu te souviens ? Tu te souviens de ça ?! Dis-le. Dis-le, dis que tu te souviens. Dis que tu te souviens avoir explosé la tête de mon partenaire !
- Tu ne trouveras que la souffrance à vivre dans le passé.
Rogue : L’Ultime Affrontement représente le type de film d’action que l’on lance en pensant connaître la formule à l’avance, puis qui parvient malgré tout à maintenir l’attention et à surprendre grâce à une combinaison simple mais solide de deux icônes du cinéma musclé face à face, une intrigue de vengeance plus réfléchie qu’elle n’y paraît, et une guerre de mafias en arrière-plan, opposant deux organisations emblématiques avec les Yakuza et la Triade. Réalisé par Philip G. Atwell, le film s’inscrit clairement dans le registre du polar d’action nerveux, sans prétention d’auteur, mais avec une volonté assumée d’efficacité. L’histoire suit John Crawford (Jason Statham), agent du FBI lancé dans une poursuite obsessionnelle contre Rogue (Jet Li), un tueur légendaire et insaisissable, après que celui-ci a froidement abattu son ami et partenaire Tom Lone (Terry Chen), ainsi que sa femme et sa fille. Ce drame fait littéralement vriller Crawford qui, tel une bombe prête à exploser à tout moment, se lance dans une guérilla personnelle contre les Yakuza et la Triade afin de retrouver l’assassin coûte que coûte et de l’éliminer. Le scénario de Lee Anthony Smith et George J. Bradley ne cherche pas à réinventer le genre, mais il utilise efficacement des thèmes d’identité, de mensonge et de double jeu. Ce qui commence comme une simple histoire de vengeance policière prend peu à peu une tournure plus complexe, avec plusieurs révélations que l’on ne voit pas du tout venir et qui remettent en question ce que l’on pensait acquis.
L’un des principaux attraits du film repose sur la réunion de Jason Statham et Jet Li. « Toi et moi, on va régler ça. » Leur précédente collaboration dans The One avait déjà montré une alchimie physique intéressante, et ici le film capitalise clairement sur cette attente. Leur affrontement direct n’occupe pourtant pas l’écran en continu. Le récit préfère installer une tension sur la durée où chacun évolue dans son camp avant que les trajectoires ne se croisent réellement pour mieux tout laisser exploser en une ultime fois. Ce choix peut frustrer ceux qui espéraient une succession de combats entre les deux comédiens, mais il permet aussi de donner un poids plus important à la structure narrative pour mieux faire monter la tension, et les enjeux. Statham incarne un Crawford sous tension, déterminé et brutal. Il reste fidèle à l’image d’homme d’action dur qui ne rigole pas, mais qui est ici rongé par la colère. Jet Li joue davantage sur la retenue et la froideur calculatrice, transformant Rogue en silhouette fantomatique qui surgit de l’ombre, frappe et disparaît aussitôt. Cette opposition de styles constitue l’ossature du film. L’intrigue ne se limite pas à un simple face-à-face entre les deux hommes, mais déploie également une lutte entre triades chinoises et yakuzas japonais, avec notamment John Lone en patriarche roublard de la Triade et Ryo Ishibashi en chef Yakuza charismatique. Une dimension d’union culturelle intéressante permettant d’alterner les lieux, les ambiances et les codes d’honneur, ce qui évite l’effet de répétition visuelle. Le récit gagne ainsi en ampleur sans pour autant se perdre dans une complexité inutile. Sur le plan purement spectaculaire, il assume totalement sa nature, entre fusillades bien nourries, combats au corps à corps bien vénères (dont un à la hache faisant un petit clin d’œil sympathique au film Le Transporteur), un duel au katana percutant, une poursuite automobile enflammée et des explosions qui s’enchaînent avec un tempo volontairement élevé. Il y a très peu de respirations, et c’est clairement un bon choix.
La photographie de Pierre Morel apporte un rendu contrasté et nerveux qui soutient bien cette énergie. Les chorégraphies de combat tirent parti des capacités physiques des deux acteurs principaux, chacun conservant son identité martiale. On n’est pas dans l’exubérance irréaliste, mais dans un affrontement lisible. La musique de Brian Tyler accompagne efficacement l’ensemble avec des thèmes percutants, dont certains morceaux marquants comme Spyked ou Confession, qui renforcent la tension ou le drame sans jamais écraser l’image. Là où le film montre ses limites, c’est dans son habillage visuel. La mise en scène de Philip G. Atwell, bien que fonctionnelle, se rapproche parfois d’un style clipesque avec un montage rapide qui privilégie l’impact immédiat à la construction esthétique. Ce n’est pas maladroit, loin de là, mais cela empêche le film d’atteindre une véritable identité visuelle forte. On est dans une série B solide plutôt que dans un blockbuster marquant. Ce choix n’est pas forcément un défaut pour le public visé, mais il explique pourquoi le film est davantage perçu comme un divertissement efficace que comme une référence du genre. Là où pourtant Rogue : L’Ultime Affrontement pourrait être une référence du genre, c’est dans son retournement final surprenant qui rebat totalement les cartes. Sans entrer dans le détail, cette révélation… pardon… ces deux révélations recontextualisent les événements et obligent le spectateur à revoir certaines certitudes, et à deux reprises. Ce ne sont pas des twists révolutionnaires, mais ils sont suffisamment bien amenés pour éviter la conclusion trop prévisible que l’on aurait pu craindre, donnant au film une dernière impulsion qui dépasse le simple règlement de comptes, même si ce qu’il se passe juste après peu venir interrompre notre appréciation positive, puisque le film termine aussitôt à travers un montage extrêmement bizarre, comme s’il manquait une scène au milieu de tout ça.
Rogue : L’Ultime Affrontement est un film d’action nerveux centré sur deux figures fortes du cinéma d’action, porté par un rythme soutenu et une opposition charismatique. Un film qui ne renouvelle pas le genre, mais l’exécute avec sérieux à travers un affrontement solide entre deux styles, deux visages et deux énergies différentes. Un spectacle qui fonce droit devant, avec ses petits défauts, mais suffisamment maîtrisé pour nous tenir en haleine jusqu’au bout. Un face-à-face qui tient la route.
La douleur peut parfois être une arme si on sait s’en servir.
- Ce type du FBI, Crawford, il pose un problème.
- Il traque des fantômes.
Créée
le 18 févr. 2026
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