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le 13 avr. 2026
SuivreMémoire d'été
Il y a quelque chose de très simple et de très beau dans Romería, un film qui n’essaie jamais de forcer l’émotion mais la laisse venir naturellement.La caméra de Carla Simón accompagne plus qu’elle...
Carla Simón continue d'explorer les racines et l'enfance, un terrain qu'elle maîtrise, mais cette fois-ci avec un résultat plus mitigé. Romeria nous emmène à Vigo, sur les traces de Marina, une jeune femme adoptée qui part interroger sa famille paternelle pour obtenir un document administratif. Ce prétexte bureaucratique devient vite le moteur d'une quête d'identité beaucoup plus profonde.
Le point fort du film, c’est sans aucun doute Llúcia Garcia. Elle porte littéralement le récit sur ses épaules. Sa démarche, presque documentaire, apporte une vraie sincérité : elle filme les membres de cette famille "bien sous tous rapports", tente de briser les tabous et cherche désespérément un lien avec ses parents défunts à travers le journal intime de sa mère. On ressent parfaitement le poids du non-dit dans cette famille traditionnelle espagnole où le passé semble verrouillé.
Cependant, j'ai été un peu déçue par la trop grande sagesse de l'héroïne. Marina découvre des secrets lourds, des hontes familiales, mais elle ne confronte jamais vraiment ses interlocuteurs. Ce manque d'aspérité et de colère rend l'ensemble un peu trop lisse, presque trop "bienveillant". J’aurais aimé voir cette jeune femme sortir de sa réserve, bousculer ces silences qui l'ont privée de son histoire.
Sur la forme, la réalisation est un curieux mélange de styles. Entre les chapitres, les métaphores visuelles et les chorégraphies, on sent une volonté de recherche esthétique, mais cela finit par créer un rythme assez lent et un aspect "fourre-tout". Mention spéciale tout de même à la partie onirique finale sur la vie de ses parents : c'est une parenthèse lumineuse et très émouvante qui offre une vision poétique de leur amour.
Un film intéressant sur la transmission et le poids des racines, mais qui manque de "part d'ombre" et de punch pour être totalement marquant. Une proposition honnête, mais qui reste un peu trop en surface.
Créée
le 12 avr. 2026
Critique lue 13 fois
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