ROOM (15,9) (Lenny Abrahamson, CAN, 2016, 118min)
Ce mélodrame puissant chronique le quotidien singulier de Jack enfant de 5 ans qui vit séquestré avec sa mère dans un monde imaginaire qui se limite aux contours des murs d'une simple chambre. Lenny Abrahamson s'inspire des faits sordides des affaires Fritzl et Jayce Lee Dugard relatés dans un roman d'Emma Donoghe (Room) pour décrypter le récit de cet enfermement et les relations psychologiques entre la mère et le fils pendant et après cette terrible expérience. Le récit se décline en deux parties très distinctes, la mise en scène inventive permet de rentrer au mieux dans le monde imaginaire que la mère à construit pour protéger son fils (s'inspirant de contes), la caméra ne cesse de changer de positionnement et nous faire ressentir au mieux la peur, essayant de rendre l'exiguïté du lieu moins oppressant et plus grand qu'il n'est vraiment. La deuxième partie arrive après une scène d'échappée remarquablement écrite, et nous entraîne dans un autre "enfermement" celui de l'après avec la même démarche mais malheureusement certains questionnements abyssaux et certains personnages auraient mérités une réflexion plus large sur la nature des liens filiaux ne faisant que les illustrer sans assez les approfondir notamment par des voix off trop présentes. Néanmoins ce long métrage sobre, par sa douceur étonnante, sa subtilité, son intelligence d'écriture, la performance remarquable et bouleversante de Brie Larson et la sidérante interprétation de Jacob Tremblay nous saisit d'émotions et nous touche au plus profond de chacun de nous. Venez découvrir sans pathos tout ce qui peut se cacher dans "The Room". Une plongée émouvante, terrifiante, maternelle, tendre au cœur de la reconstruction et la résilience.