Quelle profondeur d'âme. Et quelle violence. Room .. ou plutôt, Lenny Abrahamson nous plonge dans un univers si cruel, et si beau à la fois. C'est d'ailleurs la base de ce film : la dualité. L'imaginaire et le réel, la tendresse et la violence, l'enfermement et la liberté. Le film est lui même séparé en deux parties égales; la première où Ma et Jack sont enfermés dans la "room" - le spectateur l'est également grâce à la l'utilisation d'un huis clos angoissant - puis la seconde partie lorsque Jack parvient à s'échapper, et là, on plonge dans un monde extérieur où tout est nouveau et beau. Mais nous sommes vite rattrapés par la réalité. En effet, ce retour aux sources pour Ma et cette découverte pour Jack ne leur permettra pas pour autant de se sentir heureux. Lenny Abrahamson commence alors à nous exposer son analyse psychologique de ses personnages. Les conséquences, les traumatismes d'un kidnapping, et d'avoir passé 7 années enfermés. Elle va au-delà du film classique, et c'est bien pour cela que Room ne doit pas être ignoré.
Avaler un drame de 2h pourrait être indigeste. C'est vrai qu'il tient en longueur, qu'on y trouve beaucoup de regards vides, de moments de silences, d'égarements. Pour sûrement renforcer ce côté d'impossibilité de mettre des mots sur l'enfermement, la séquestration. Alors même si le dynamisme n'y est pas, les émotions comblent toutes imperfections.
Concernant le casting, Jacob Tremblay est sidérant. Cette justesse, ce naturel, font de lui le mur porteur des émotions de ce film. Brie Larson, quant à elle, nous offre également une belle performance. Mais dommage que son jeu soit un peu effacé face à celle de Jacob. En tous les cas, ça ne lui empêchera pas d'être "Oscarisée" meilleure actrice.