[Avec spoilers] 4 murs, une table, une baignoire, une armoire, une télé, Ma et moi. La vie est belle dans la Room. C'est ainsi que démarre l'histoire de Room, dans une ambiance joviale où un enfant de 5 ans joue avec sa mère et prépare un gâteau d'anniversaire. Ce point de vue innocent d'un enfant qui profite de la vie telle qu'on lui la propose, cache pourtant une histoire ignoble où Joy une jeune femme de 17 ans a été enlevée et est retenue prisonnière depuis 7 ans avec son fils né dans sa prison.
Découpé en 2 parties, le film nous montre d'abord le quotidien de ces 2 être humains vivant en huis clos dans un monde minuscule qui leur a été imposé, avant de nous plonger dans l'épreuve toute aussi difficile de la reconstruction psychologique.
Personnellement, je suis rentré dès le début dans cette room, pourtant déjà si exiguë, aux côtés de Jack et Joy, et je ne les ai pas lâchés de tout le film. Suivre cette histoire du point de vue de Jack est une superbe idée. A travers son regard, notre prison a des airs de foyer chaleureux, sûr et lorsque la porte s'ouvre, le monde apparaît alors comme effrayant. Trop de sons, trop de lumière, trop de gens, le tourbillon nous submerge. Une nouvelle vie à ré-apprendre. Pourtant l'enfant est "plastique" et s'adapte. Il s'adapte mieux que l'adulte même, qui doit faire face à la culpabilité, la tristesse, la prise de conscience du temps perdu et de la vie qui a continué sans elle.
Brie Larson et Jacob Tremplay jouent une magnifique partition et m'ont ému par leur lien indéfectible, notamment pendant la scène où ils se retrouvent après l'évasion du garçon. Mention spéciale également à la BO que j'ai trouvé toujours très juste.
Bref je n'espérais rien de spécial de ce film en le lançant ce soir, et pourtant cette histoire m'a saisi. Cette Room était belle et bien à ouvrir.