Prison du dedans, effroi du dehors : à regard d'enfant, étirer le temps et l'espace. De la désolation à la délivrance, c'est le chemin d'une résilience.
Un film émouvant où tout est subtilement abordé : ce qui pouvait être le sordide d'un tel enfermement est devenu l'enveloppe qui protège , l'enveloppe qui tisse autant le rêve , l'imaginaire que l'apprentissage de la réalité. Cette mère et son enfant fuient la la désolation et l’incommunicable, à travers une relation d’amour quasi fusionnelle mais salvatrice. Quel cheminement que celui de troquer l’espace de l’imaginaire pour celui de la réalité et de ses écueils, dans un mouvement inversé où le petit garçon devient le protecteur de sa mère. Passer d'un univers qui a la dimension d'une chambre ou d'un écran de télé au monde de la réalité avec les angoisses qui en découle est tout à fait bien rendu dans la seconde partie. Et puis on découvre ce long apprentissage , plus difficile pour la mère que pour l'enfant. Magnifiques interprètes ( le petit J Tremblay est formidable quant à B Larson, son Oscar est mérité)