Un peu plus d'un an après la sortie en France de son précédent film Frank, le réalisateur irlandais Lenny Abrahamson revient dans nos salles obscures avec Room, l'histoire de Jack, 5 ans et de sa jeune mère Ma, retenus prisonniers. Jack ne connaît rien du monde extérieur, pour lui tout se résume à sa mère et la télévision. En se levant, Jack salue tous ses amis : madame Garde-robe, monsieur Lavabo, monsieur Lit, madame Table, etc. Tous les matins, Jack et sa mère font des étirements et des exercices ensemble. En fait, ils font tout ensemble.
En plus d'être enfermés dans la pièce, Jack et Ma sont enfermés dans le cadre de la caméra. Elle les montre face aux bords de l'image, dans des coins de l'écran. Ce sentiment de claustrophobie est omniprésent dans le film, que ce soit physique ou psychologique chez la mère (puisque Jack ne connaît pas l'extérieur) comme face à la fatalité de sa situation. Ce traitement de l'image n'est pas révolutionnaire mais est utilisé intelligemment.
Lenny Abrahamson nous montre enfin des personnages fusionnels, mais qui s'opposent de bien des manières avant de se rejoindre. Ma, interprétée par la primée aux Oscars 2016 Brie Larson, est une jeune mère déprimée, méfiante à qui on a arraché son innocence et ses rêves. Elle tente tant qu'elle peut de rendre son fils heureux. Jack est un petit garçon qui voit chaque objet de la chambre comme un potentiel compagnon de jeu. Il est curieux et doté d'une imagination sans limite (mention spéciale à Jacob Tremblay). Ces deux types de caractères se heurtent, parfois violemment, mais sont inséparables. C'est le déclic pour Ma de faire sortir son fils de cet enfer.