En août 2019 sort Roubaix, une lumière, avec Roschdy Zem, Léa Seydoux et Sara Forestier, présenté quelques mois plus tôt en compétition au Festival de Cannes. Le film décroche sept nominations aux César 2020, dont celle — méritée — du meilleur acteur pour Roschdy Zem. Première véritable incursion de Desplechin dans le territoire du polar, l’œuvre puise son souffle dans un documentaire consacré à un fait divers de 2002 : le meurtre d’une vieille femme par un couple de toxicomanes.
Tout, ici, semble agencé avec une précision presque morale, comme si la mise en scène cherchait moins à reconstituer qu’à révéler. La lumière d’Irina Lubtchansky, d’une douceur inquiète, sculpte les visages et transforme Roubaix en espace spectral, à la fois réel et mental. Quant à l’entretien mené par Jean-Christophe Ferrari, proposé en supplément du DVD, il éclaire avec une rare netteté la dimension profondément humaine du film, l’humilité inquiète de Desplechin et cette sorte de fièvre calme qui traverse ses choix de cinéma.