Il y a des films qui donnent envie de courir... vers la sortie. Run or Die de Michael Corrente, sorti en 2012, m’a laissé ce goût amer : celui d’une course effrénée sans but clair ni émotion réelle. Avec une note de 3/10, je veux expliquer pourquoi je suis resté, à mon grand regret, complètement extérieur à l'expérience.
Dès les premières scènes, le film s'emballe sans jamais prendre le temps d'installer quoi que ce soit. Ni les personnages, ni l'intrigue ne semblent exister autrement que comme prétextes à l'enchaînement de séquences d'action. Personnellement, j’aime sentir la tension monter, comprendre ce qui est en jeu, vibrer avec les personnages. Ici, rien de tout ça : juste une fuite, physique mais aussi narrative.
La réalisation, volontairement brute, aurait pu donner un style singulier. Au lieu de cela, elle finit par étouffer toute lisibilité. Trop de tremblements, trop de coupures, pas assez de respiration. À force de vouloir nous immerger de force, Run or Die m’a plutôt donné l’impression d’être spectateur d’un chaos sans âme.
Et pourtant, par moments, j’ai cru y croire. Un plan fugace, une ruelle sombre, une seconde de tension presque sincère… Mais ça retombe vite. Le film ne semble jamais croire lui-même en son histoire. Résultat : ni émotion, ni suspense, juste de l'épuisement.
Run or Die n’est pas qu’un raté : c’est une promesse non tenue. Celle d’un thriller nerveux et viscéral qui, faute de fond, s’épuise dans une forme désordonnée. Frustrant, car l’idée, elle, méritait mieux.