Comme dans le remarquable Rollerball, Running Man met en scène une dystopie, à la fois néfaste et sombre, où un jeu télévisé mortel est utilisé pour manipuler les foules, avares en violence et voyeurisme, et donc profiter de la passivité du public.
Par contre, ça a moins bien vieilli de Rollerball, qui le précède pourtant d'une grosse dizaine d'années.
Paul Michael Glaser propose avant tout une série B, mélangeant action et légère réflexion, profitant aussi d'un univers intriguant et passionnant, créé à l'origine par Stephen King. L'ancien interprète de Starsky ne perd pas de temps pour rentrer dans le vif du sujet, avec une évasion puis les rencontres entre les personnages importants. Il axe sa caméra sur Schwarzy et ne le quitte que très rarement, celui-ci offrant une solide prestation d'homme se battant d'abord pour survivre, puis pour la vérité et contre un système où le maintient de l'ordre passe par de multiples violences, mensonges et manipulations.
On peut reprocher à Running Man un manque d'originalité malgré le sujet passionnant, où le gentil va affronter des méchants décérébrés, ainsi qu'une réflexion qui manque de justesse avec des propos parfois trop appuyés. Pourtant, ça n'empêche pas le film d'être agréable à suivre, grâce d'abord à une mise en scène efficace, avec un rythme soutenu, une atmosphère sombre et macabre assez prenante. Les personnages sont écrits dans cette optique et on s'intéresse à eux, notamment sur la façon dont ils vont parvenir à leur fin, avec quelques séquences plutôt mémorables.
Glaser s'en sort aussi grâce à de bonnes idées, à l'image des références aux Jeux du Cirque que l'on trouvaient dans l'antiquité, avec un héros se battant face à des gladiateurs modernes dans une arène, et un animateur offrant le pain au peuple, content de voir ce divertissement violent. Les présentateurs américains Jesse Ventura et Richard Dawson, ici dans leurs propres rôles, tirent superbement les ficelles de ce jeu atroce, tandis que Schwarzy est toujours parfait dans ce genre de rôle, et ici bien accompagné par Maria Conchita Alonso qui va aussi tenter de fuir une mort atroce dans les bas quartiers de Los Angeles.
En signant Running Man, Paul Michael Glaser nous emmène dans un futur violent où la masse est asservie et n'a des yeux que pour un jeu cruel digne des jeux du cirques romains, il se montre efficace à défaut d'être brillant, sachant exploiter ce scénario pour en faire une série B bagarreuse, plutôt sombre et prenante, le tout étant emmené par de bons comédiens dont un Schwarzy égal à lui-même.