Lorsqu’elle a découvert le premier Detective Dee, ma petite femme Iris a énormément aimé la prestation d’Andy Lau, au point d’être intéressée par découvrir d’autres films de l’énorme filmographie de l’acteur. On a commencé par Infernal Affairs qui trainait dans un coin, et puis est venu ensuite Running Out of Time de Johnnie To. Et puis, il est bon de temps en temps de se refaire des classiques du cinéma de Hong Kong car, après tout, même si HKMania n’est plus, mon amour pour le ciné HK reste intact dans ma tête. Même s’il n’est pas le meilleur film de la firme Milkyway, Running Out of Time reste malgré tout une chouette petite réussite, avec son casting impeccable, son côté léger et une très bonne mise en scène. C’est donc un grand plaisir que m’aura procuré ce « revisionnage », d’autant plus qu’il aura également plu à Iris. Pari gagné !
Johnnie To reste une valeur sûre du cinéma de Hong Kong avec sa firme Milkyway qui a pondu de nombreux polars qui ont marqués les esprits : The Longest Nite, Lifeline, The Mission, A Hero Never Dies, Fulltime Killer, Election, … Et la liste est encore longue. Il est arrivé à renouveler le genre à de nombreuses reprises et il le fait encore avec Running Out of Time, même si dans une moindre mesure. Il va proposer ici quelque chose de… plus léger : le face à face entre un voleur de génie qui n’a plus que quelques semaines à vivre à cause d’une tumeur et un négociateur hors pair qui va se prendre d’affection pour lui. Un scénario au demeurant classique, sans réelle surprise, quelque part déjà vu et revu, mais que Johnnie To va arriver à sublimer grâce à une narration et une construction des plus efficaces. Rien n’est laissé au hasard. Le moindre effet de style n’est pas là pour rien. On connait le dénouement final étant donné qu’on nous annonce le sort du personnage d’Andy Lau en début de film, mais pourtant on se prend immédiatement au jeu car tout fonctionne. L’alchimie des personnages est tout bonnement parfaite. Les seconds rôles valent leur pesant de cacahuètes. Il faut dire aussi que le casting est vraiment très bon.
Andy Lau y est excellent, très touchant, toujours juste, mais on tire notre chapeau également à Lau Ching-Wan (Big Bullet, A Hero Never Dies) qui une fois de plus nous démontre qu’il était (et qu’il est toujours hein) une valeur sûre du cinéma de Hong Kong, capable de tout jouer et d’être toujours bon. Il est ici celui qui va amener tout le ton léger du film, tout l’aspect comique de Running Out of Time. Ses échanges avec son supérieur bougon, interprété par Hui Siu-Hung, sont un régal et on sent une énorme complicité lors des nombreuses scènes avec Andy Lau. On a cette impression que le duo a pris énormément de plaisir à faire ce film, ça se ressent à chaque seconde, et ils arrivent à nous communiquer ce plaisir. Alors oui, Running Out of Time reste un film mineur du studio Milkyway. La fin est sans doute un peu trop sage et les rivalités / interactions entre les personnages auraient pu être plus poussées. Certaines situations pourront paraitre grotesques aux yeux de certains, mielleuses pour d’autres, alors que le film cherche au final à rester simple, gentillet, mignon. C’est cette simplicité qui fait sa force et qui fait qu’il reste malgré tout un film à voir d’autant plus que la réalisation de Johnnie To, propre, classieuse, permet au film d’avoir une certaine production value.
Running Out of Time est clairement un des films les plus attachants de la Milkyway de Johnnie To. Le duo Andy Lau / Lau Ching-Wan fait des merveilles, la mise en scène est bonne et le visionnage est des plus agréables. Une jolie réussite !
Critique originale avec images et anecdotes : https://www.darksidereviews.com/film-running-out-of-time-de-johnnie-to-1999/