Un vieil homme, totalement en-dehors du monde de 2015, va subir une arnaque au téléphone. Pour se venger, il va réunir sept de ses subordonnés, et ainsi vivre à nouveau comme les Yakuza qu'ils furent et restent.
Inédit en-dehors du Japon, Ryuzo 7 est totalement dans les thèmes de Takeshi Kitano, à savoir la nostalgie pour un ordre, celui des Yakuza, et une certaine détestation du monde contemporain à travers ces huit hommes, dont l'histoire est au fond plus mélancolique que vraiment drôle. Je dirais même que c'est parfois lourd, comme le chef Yakuza qui a des flatulences régulières, mais il règne quelque chose comme des souvenirs d'un temps révolu où les voyous sont désormais des jeunes PDG qui arnaquent sans scrupules, sans aucune violence ni tatouage sur le corps. C'est une autre forme de criminalité de la société que dénonce Kitano, dont ces hommes sont au fond plus inoffensifs qu'autre chose, mais il reste en eux de la dureté, voire pour certains le souvenir joyeux des égorgements et des sacrifices de doigts !
Le casting est l'occasion pour le réalisateur de faire un hommage à ses prédécesseurs avec des acteurs issus de Nagisa Oshima (l'acteur principal Tatsuya Fuji), Kenji Misumi, Kinji Fukasaku, Hideo Gosha... ce sont des acteurs qui ont entre 70 et plus de 80 ans qui en démontrent encore aux jeunes acteurs qui sont lisses comme de la cire.
On sent que c'est de la burne frelatée que l'on voit à l'image, un souvenir du passé, et c'est vraiment ça que filme Kitano, qui s'est offert un petit rôle, sous couvert d'une mise en scène loin de la splendeur de ses débuts. Mais il y a là quelque chose d'affectueux qui s'en dégage pourvu qu'on connaisse le parcours cinématographique du réalisateur.