S1m0ne
5.8
S1m0ne

Film de Andrew Niccol (2002)

Imposture virtuelle (#600favoritefilms - #565)

Un cinéaste hollywoodien en perte de vitesse (Pacino, dans l'un de ses derniers grands rôles, sur un fil ténu entre dynamisme comique et fatigue existentielle), qui n'en peut plus de devoir composer avec les caprices des acteurs, se voit léguer par un informaticien scénariste à ses heures et à l'article de la mort (Elias Koteas) un programme lui permettant de créer de toutes pièces une actrice virtuelle (incarnée par le mannequin Rachel Roberts, compagne du réalisateur Niccol idéalement "fake" sans l'être), dont il va faire une star en lui prêtant sa voix, avant de se trouver complètement dépassé par sa propre mystification. Revisionné en salle tout récemment plus de 20 ans après l'avoir découvert en vidéo, je l'ai encore revu à la hausse, bluffé par l'intelligence prophétique du film, tant pour sa vision aujourd'hui tristement d'actualité d'un "avenir du cinéma" livré au virtuel et à l'intelligence artificielle que pour la place qu'occupent désormais dans nos vies la désinformation par l'image, les deep fakes etc.


J'ai toujours eu beaucoup d'affection pour Niccol, qui à mon sens à cette grande époque qui va de "Gattaca" (dont on reparlera) au sous-estimé "Lord of War" aurait été capable de faire de "The Truman Show", son premier scénario, un plus grand film encore qu'il ne l'est déjà si la Paramount lui en avait confié la réalisation. Autant dire que la dimension profondément personnelle de "S1m0ne", par-delà la satire aux accents dystopiques (souvent très drôle d'ailleurs, cf. ces scènes où Pacino essaie de "saborder" Simone en lui donnant des postures borderline qui ne font qu'augmenter son capital sympathie auprès du public, le concert holographique là encore malheureusement visionnaire, ou Winona Ryder en diva "insecure"), fait complètement mouche me concernant, de cette imposture trop lourde à porter qui parcourt tous ses films au besoin de reconnexion familiale qui la justifie en filigrane, avec une profonde mélancolie que Carter Burwell à la musique magnifie sans ostentation comme il le faisait avec le score du chouette "Dans la peau de John Malkovich" (justement croisée dans le film de Spike Jonze, Catherine Keener en ex-femme productrice dont le bonhomme est toujours amoureux est évidemment parfaite, tout comme Evan Rachel Wood en fille ado perspicace).

Oh-Dae-su
9
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Cet utilisateur l'a également ajouté à ses listes Les meilleurs films de 2002 et Mes 600 films préférés : #603 - # 551 (#600favoritefilms)

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le 30 juil. 2026

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Oh-Dae-su

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