Sabata s’inscrit pleinement dans la galerie des héros du western européen, mais il s’en distingue aussitôt. Loin des figures tourmentées et crépusculaires que sont Django, Ringo ou Keoma, Sabata apparaît comme un héros plus solaire, presque flamboyant. Ici, le gadget règne en maître : les banjos se métamorphosent en armes redoutables, et des manches de Sabata jaillissent toutes sortes de pistolets dissimulés. Le personnage évoque ainsi un James Bond de l’Ouest, élégant et ingénieux. Lee Van Cleef lui prête sa classe naturelle, son charisme froid et son assurance inimitable.
Mais que raconte le film, au fond ? Tout commence par un hold-up sanglant. Sabata entreprend alors de démêler l’affaire : traquer les bandits, récupérer le magot et remonter jusqu’aux véritables commanditaires. Le récit avance surtout à travers une succession de scènes d’action remarquablement mises en scène, efficaces et rythmées.
À la production, on retrouve Alberto Grimaldi, gage d’un long métrage soigné et ambitieux, bénéficiant de moyens conséquents. Le film rassemble par ailleurs de nombreuses figures familières du western, dont les visages marqués apportent une saveur particulière à l’ensemble. Mais l’un des plaisirs majeurs demeure la présence de William Berger, acteur fascinant, qui impose une personnalité trouble et mémorable.
Au final, Sabata s’impose comme un divertissement de grande qualité, nerveux, inventif et hautement réjouissant.