1958, Saint-Ange est un orphelinat qui a connu les horreurs de la guerre. Sur le point de fermer ses portes après la mort d'un enfant, le lieu se vide de ses enfants. Il n'y reste plus qu'Helenka, la gouvernante, Judith, orpheline adulte et timbrée, et Anna, fraîchement arrivée pour assurer le ménage. Très vite, cette dernière se rend compte que quelqu'un, ou quelque chose, semble hanter la bâtisse...
Bon, encore une histoire de fantômes dans un orphelinat, un sous-genre qui a déjà donné de bons films (L'échine du diable, Les disparus de Saint-Agil, L'orphelinat etc) mais qui n'offre pas, en tout cas à la lumière de nos auteurs actuels, assez de renouvellement. C'est déjà un constat qui fragilise l'idée, et quand on se rend compte que le réa décide de bien encré dans la mode du kwaidan, et de saupoudrer d'une bonne dose de références au cinéma de genre d'antan. Donc, on se retrouve a devoir supporter des effets qu'on a vu et re-vu depuis des années de post-Ring. Lourd, très lourd, mais là n'est pas le plus terrible. Un premier film est certes difficile à mener, mais là c'est artistiquement que ça prend l'eau. Il faut voir Judith dans cette séquence de chant inutile et encore plus laide que l'ouverture d'Antichrist... Visiblement, Laugier, qui est un vrai amoureux du genre ça ne fait aucun doute, s'est donné un objectif bien trop colossal pour une telle production. On pense à Suspiria, mais sans l'éclairage de génie. On pense aux Disparus de Saint-Agil ou Les Diaboliques, mais sans la fluidité du scénario. Tout y est très superficiel, sans véritable âme, en tout cas autre que celle d'un hommage un peu trop boursoufflé, déséquilibré.
Et si on ajoute à ce triste constat une interprétation mais nullissime, avec une Virginie Ledoyen pire que dans les pires de ses "prestations", une Lou Doillon en totale roue libre, et le reste est encore pire. Seule Catriona MacColl est au-dessus du lot, mais plus pour des raison de culte autour d'elle qu'autre chose. Sans parler de l'écriture du son, classique au possible (vous aurez de la porte qui grince et du chuchotement à ne plus savoir qu'en faire), de la musique horripilante à base de voix, de la première demie-heure qui est un modèle pour tout scénariste en herbe qui voudrait savoir ce qu'il ne faut pas faire... Une catastrophe, mais Laugier montre quand même une sincérité qui ne peut que payer.
Bavaria
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le 29 août 2011

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