Sal (2013), réalisé par James Franco, tente de redonner une voix à Sal Mineo à travers une reconstitution intimiste de sa dernière journée. Si l’intention est touchante, le résultat manque de relief, notamment à cause d’un jeu d’acteur trop retenu pour captiver.
Val Lauren, pourtant au centre de l’œuvre, livre une performance honnête mais trop en surface. Son interprétation se veut sobre et respectueuse, mais elle finit par se diluer dans une mise en scène quasi-clinique. On ne sent jamais véritablement les contradictions, les blessures ou les éclats de vie de Mineo : tout est feutré, lissé, presque muselé.
Dans un film aussi dépouillé, la responsabilité de porter l’émotion repose entièrement sur l’acteur principal. Or, ici, Lauren peine à insuffler à son personnage l’intensité qui aurait pu combler le vide narratif. Le résultat est un portrait qui observe sans jamais faire vibrer.
Franco semble avoir voulu éviter le mélodrame à tout prix, mais en étouffant toute expressivité, il empêche son acteur de donner chair à Mineo. Le film se referme alors sur lui-même, figé comme une image d’archive.
Un hommage qui frôle l’indifférence, faute d’incarnation.