Le sang serait-il une sorte de... SUBSTANCE ?

À l'image d'un contrôle de routine chez son médecin, incluant une bonne vieille prise de sang, j'ai laissé mijoter quelques temps Sanguine après un visionnage tout en ambiance au NIFFF. Et après avoir bien pris le temps d'analyser le "résultat", j'en viendrais presque à un peu m'énerver sur ce film aussi innocent que décevant.


Comme le patient qui se rend à l'hôpital après s'être fait rouler sur le pied, Sanguine avance en boitillant, peinant à dissimuler son évidente source d'influence : l'excellent The Substance. Difficile, voire impossible, de ne pas faire de liens entre ce trip cracra et le film choc de Coralie Fargeat. Inspirée ou non par les travaux de cette dernière, Marion Le Corroller foire exactement là où Fargeat ne s'était pas plantée, elle qui abordait un vrai problème de société de la manière la plus stylisée, absurde et grotesque possible. Le Corroler, elle, ne sait pas si elle souhaite conter un récit premier degré ou une farce gore. La scène d'intro au fast-food ou ce gros plan sur une pie écrasée par une bagnole me laissaient présager un point de vue décalé, mais la suite m'a rapidement attrapé à la gorge, m'étouffant avec son risible sérieux. On comprend trop facilement où la réalisatrice veut en venir avec son analogie de nouvelle espèce humaine dopée par le stress au boulot. Une "métaphore" plombée par le premier degré du récit qui cherche désespérément à faire passer le personnage de Karin Viard pour la grosse antagoniste, alors que moi je ne vois qu'une sévère médecin cheffe qui cherche à faire de son mieux pour sauver des vies. Quitte à parler d'une nouvelle maladie qui transforme les jeunes en psychopathe, vas-y à fond, Marion ! Aborde ton film pour ce qu'il est censé être : un B movie bien bête et bien sanguinolant !


D'ailleurs, quitte à parler de sang, Sanguine souffre aussi de ses quelques séquences gores, par moment amusantes et crados mais rapidement oublié. C'est bien beau d'engager Pierre-Olivier Persin (déjà à l'oeuvre sur The Substance, tiens donc) pour s'occuper des make-up, mais encore faut-il proposer quelque chose de visuellement intéressant et de cohérent, pas quelques varices en latex amenant à un climax aussi fun qu'une coloscopie.

Au moins, on ne pourra pas reprocher à Marion Le Corroller de s'être un minimum amusée avec son premier long-métrage. Elle tente quelques trucs avec sa caméra, expérimente avec le montage, mais finit surtout par singer Coralie Fargeat (oui, encore elle).


Rien de fondamentalement mauvais avec Sanguine, surtout du potentiel raté pour un produit très oubliable. À un point que l'élément du film qui m'a le plus marqué, c'est ô combien efficace est l'isolation sonore de la chambre de la protagoniste qui hurle tous les soirs à t'en faire péter les tympans sans jamais alerter qui que ce soit. Sont faits avec quoi les murs ? C'est quoi le matériau ? Je veux le même, moi. C'est où qu'on achète ? Leroy Merlin ? Hornbach ? Jumbo ? Mon Cul ?

MonsieurNuss
5
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le 20 juil. 2026

Critique lue 46 fois

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