Un grand reporter exprime librement ses opinions au cours d'un émission télévisée. Sa femme le quitte peu après pour un homme plus jeune et sa situation professionnelle va se dégrader peu à peu. Avec ses relents kafkaïens, Sans anesthésie relate la chute d'un homme dans la Pologne communiste avec une force tranquille, pointant du doigt les manigances du système, sans pour autant appuyer le trait pour ne pas s'exposer à la censure. Un film éminemment politique, donc, camouflé derrière une histoire de divorce, nettement moins percutante et parfois un peu confuse. Tourné après L'homme de marbre, le film est une pièce essentielle de la filmographie de Wajda, même si sa mise en scène est davantage accomplie dans d'autres longs-métrages, d'ailleurs beaucoup plus connus que Sans anesthésie, y compris en Pologne.