Sans Issue
5.2
Sans Issue

Film de Harley Cokeliss (1986)

"Une coupure inopinée dans les communications"

Basé sur le premier scénario que John Carpenter a pu vendre à un studio, resté longtemps dans les tiroirs avant d'être récupéré et réécrit par William Gray (Philadelphia Experiment, par ailleurs produit par Carpenter) et Desmond Nakano (Les Zonards), le dénommé Sans Issue n'a finalement de son auteur originel que sa trame de base, soit le vol d'une voiture high-tech et la tentative désespérée d'un baroudeur œuvrant pour le FBI pour la récupérer. Le reste ne porte hélas pas la patte du réalisateur culte, qui n'a d'ailleurs rien à voir avec la production du film et a touché son chèque sans s'impliquer ni même voir le film.


Réalisé par Harley Cokliss, discret responsable du Camion de la mort, le film manque sévèrement de mordant, d'atmosphère, de moments vraiment forts, de répliques cinglantes, de mise en scène travaillée, de direction d'acteurs adéquate. Car si Tommy Lee Jones improvise avec brio, sourire ravageur et bagou approprié, le reste du casting fait le minimum syndical, de Linda Hamilton clairement blasée (elle aurait détesté bosser avec Jones) à Robert Vaughn rempilant pour la énième fois dans la peau d'un bad guy en costard-cravate. Pas forcément raté ou même désagréable, Sans Issue souffre pourtant de sérieuses lacunes, l'empêchant d'être une œuvre marquante et hors normes.


Incapable de proposer des cadres efficaces, de filmer des séquences d'action originales (hormis peut-être pour le saut de la Black Moon d'un immeuble à l'autre), de soumettre des décors remarquables au sens propre du terme et de les exploiter à bon escient (nous sommes principalement dans un film de parkings/bureaux), Cokliss n'insuffle pas d'identité à son film, ni de cachet et encore moins de particularisme. Même ce pauvre Lalo Schifrin compose un score périssable, dont la dominance de thèmes jazzy propres à son style de prédilection prouve qu'il n'est ici pas vraiment l'homme de la situation. Tout au plus sympathique à défaut d'être mémorable, Sans Issue reste une déception, judicieusement vendu comme un film "à la Carpenter" mais bien mensonger et sacrément opportuniste.

Créée

le 28 déc. 2020

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