Croiser les destins d'une prostituée et d'un psychanalyste. Une idée sympathique. En plus un bon casting, quoique inattendu (instinctivement, j'aurais inversé les rôles de Lanners et Huppert).
SI l'idée de base est envoûtante, le traitement reste assez plat. Des tourments des personnages, nous n'en aurons finalement qu'un superficiel aperçu. Pas question d'entrée en profondeur. La conséquence, c'est de tomber dans la facilité. La prostituée est triste juste parce qu'elle ets prostituée. Le psy est en crise juste parce qu'il l'est... Les résolutions vont de paire avec ce genre d'initiative, des personnages qui trouvent le bonheur comme par magie, sans qu'un quelconque effort ait été accompli. "Sans queue ni tête" prend alors tout son sens. La référence à la thérapie où l'on balance tout en passant du coq à l'âne est sympathique, mais c'est oublier qu'il reste toujours un lien sous-jacent. Pourtant l'auteur semble l'avoir compris puisque les séances, bien que simplifiées, restent plausibles.
Si la dramaturgie pose de sérieux problèmes (personnages plats, histoire qui ne démarre jamais, superficialité du propos), la mise en scène reste sympathique. Huppert ne convainc pas toujours victime qu'elle est de son statut. Lanners par contre opère un bel effort pour faire oublier ses origines modestes. La caméra est globalement bien située et l'on a même droit à quelques très beaux plans exprimant la solitude des personnages.
Bref, un sujet qui aurait mérité un traitement plus approfondi (ne fut-ce que les scènes de sexe ou les rdv entre les deux personnages laissent sur la faim, non que j'en attendais des situations glauques ou porno, mais simplement autre chose que ce que les à priori nous dictent) au vu de son potentiel tant formel que dans le fond.
Bonus : http://image.noelshack.com/fichiers/2015/07/1423593739-sans-queue-ni-tete.jpg